Author Archives: Anne Denis

Le Mexique à gauche toute !

Amlo fête sa victoire, le 1er juillet 2018 à Mexico. | Pedro Pardo / AFP

Élu avec 53% des voix, le nouveau président mexicain Andrés Manuel López Obrador rafle aussi la majorité au Parlement. Le raz-de-marée est impressionnant, mais les attentes le sont tout autant.

Cet article a déjà été publié le 4 juillet 2018 sur le site Slate.fr.

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La droite dure uribiste prend le pouvoir en Colombie

Ivan Duque , 42  ans, a été largement élu dimanche à la présidence de la Colombie avec 54% des voix, face à son rival de gauche, Gustavo Petro (un ancien guerillero devenu parlementaire et maire de Bogota de 2012 à 2015). Ivan Duque, ex sénateur, remplacera le 7 août prochain le président sortant Juan Manuel Santos. Le maintien de la droite au pouvoir a rassuré les milieux d’affaires mais le positionnement,  beaucoup plus dur que Santos, du nouveau président, très proche de son mentor Alvaro Uribe (président de 202 à 2010), fait peser une menace sur l’accord de paix signé fin 2016 avec les FARC. Il a promis durant la campagne de le réviser « sans le déchiqueter ».

L’accord a permis de désarmer 7.000 rebelles, mais a aussi offert à la guerilla des FARC de se convertir en force politique admise au Parlement. Une normalisation très mal vécue par une grande partie de la population (qui a d’ailleurs rejeté majoritairement l’accord par referendum ).

Beaucoup sont convaincus que l’action de Duque sera téléguidée par Alvaro Uribe, impliqué dans des affaires de corruption et de lien avec les paramilitaires, mais toujours très influent dans le pays, et farouche opposant de l’accord avec les FARC. Son mentor va d’ailleurs diriger , au Sénat, le groupe de son parti, « le Centre démocratique ».

Parmi les dossiers brûlants qui attendent le nouveau président, figure aussi la lutte contre le narcotrafic, alors que, de notoriété publique, les mafias mexicaines financent des dissidents des Farc aux frontières avec l’Equateur et le Venezuela.. La Colombie est le premier producteur mondial de cocaïne et les plantations illicites sont en hausse. Désireux de maintenir la coopération entre Bogota et Washington, Duque souhaite notamment reprendre les aspersions aériennes d’herbicide, méthode radicale pourtant  très controversée.

Il va aussi, sans doute, durcir fortement le ton face au voisin avec lequel il partage 2200 km de frontières : le Venezuela de Nicolas Maduro, qu’il qualifie de « dictateur génocidaire ». Il envisage une dénonciation devant la Cour pénale internationale (CPI) et une « transition » imposée vers la démocratie,  avec l’aide de l’Organisation des états américains (OEA). La Colombie n’arrive plus à faire face au flux de migrants (plus d’un million en 16 mois) qui fuient la débâcle économique et politique du régime chaviste.

L’opérateur aéroportuaire brésilien Infraero va être privatisé

Après des mois d’atermoiements, Brasilia s’est enfin décidé :  selon le site d’information The Brazilian Report, l’opérateur aéroportuaire public Infraero sera privatisé. Le gouvernement va céder 51% du capital via un système d’enchères, démarche qui pourrait aller jusqu’à 80%. Il espère en tirer 10 à 15 milliards de reais (2,3 à 3,5 milliards d’euros). Infraero administre 54 aéroports dans tout le pays, dont celui de São Paulo-Congonhas _ la pépite _  mais aussi Rio-Santos Dumont, Belém, Manaus, Curitiba, and Goiânia. La durée des concessions est de 30 ans.

Selon une source citée par The Brazilian Report, Infraero aurait signé un accord avec les délégués du personnel, empêchant tout licenciement jusqu’en 2020. Mais il est peu probable que le nouveau propriétaire le respecte.  En 2012, la compagnie comptait plus de 14 000 salariés. Aujourd’hui, il en compte encore près de 10.000, bien qu’il ait cédé 9 de ses aéroports à des actionnaires privés. Les contrôleurs aériens qui faisaient partie d’Infraero seront, eux, transférés une nouvelle structure publique ad hoc, baptisée Nav Brasil.

C’est Vinci qui a remporté en 2017 la concession de l’aéroport Deputado Luis Eduardo Magalhaes à Salvador, le dernier cédé par Infraero. Le groupe français renforce ainsi sa présence en Amérique latine , où il est déjà concessionnaire de l’aéroport international de Santiago du Chili, et de 6 aéroports en République dominicaine.

Le processus qui aboutit aujourd’hui au démantèlement de l’opérateur public est le fruit d’une réflexion initiée dès 2008 par le président Lula qui prévoyait d’alléger Infraero, malgré la résistance acharnée du Parti des Travailleurs, son propre parti, très attaché au maintien de la souveraineté nationale sur ses aéroports. Mais le sous-investissement et l’incapacité de la compagnie à gérer la hausse du trafic aérien, les crises et les incidents permanents, ont conduit Lula  dans la perspective de la Coupe du Monde de football de 2014 puis des JO de 2016, à se résoudre à entamer le monopole pour doper la modernisation des aéroports les plus stratégiques. En 2012, la présidente Dilma Rousseff  avait lancé la cession des trois premiers aéroports : São Paulo (Guarulhos), Viracopos à Campinas (le groupe e d’ingénierie français Egis fait partie du consortium) et celui de Brasilia.

Las, après la cession de 9 de ses aéroports, Infraero a encore enregistré l’an dernier 1,8 milliard de reais de pertes, A quelques mois de l’élection présidentielle d’octobre prochain, le gouvernement de Michel Temer sonne donc la sortie de la sphère publique de toute l’infrastructure aéroportuaire de cet immense pays. De quoi attirer, malgré le contexte actuel brésilien très compliqué, bon nombre d’investisseurs.

Présidentielle: le Costa Rica préfère un ex-rockeur à un prédicateur évangélique

Un Alvarado  triomphe d’un autre. Le candidat de centre gauche Carlos Alvarado, 38 ans, a été élu, dimanche dernier, président du Costa Rica, avec près de 61% des voix. Cet ancien journaliste et ancien rockeur a battu au second tour un autre Alvarado, Fabricio (simple homonyme), lui aussi jeune (43 ans) et ancien journaliste. Mais Fabricio Alvarado est surtout un prédicateur évangélique qui a surgi de nulle part dans la campagne électorale et a réussi à se retrouver au second tour grâce à sa croisade contre le mariage homosexuel. Il n’était pourtant pas question de le faire voter au Costa Rica mais un simple conseil en ce sens de la Commission interaméricaine des Droits de l’Homme (CIDH) avait suffi à mettre le feu aux poudres. Cette montée surprise dans les sondages a révélé la face très conservatrice du Costa Rica, et confirmé le rejet des partis traditionnels (déjà dynamités lors de l’élection il y a 4 ans de Luis Guillermo Solis), puisque les deux Alvarado sont de complets outsiders.

Carlos Alavarado n’est cependant pas un novice en politique. Il a étudié les sciences politiques, notamment à l’université britannique du Sussex, et était l’ancien ministre du Travail et des Affaires sociales du gouvernement sortant. Issu du même parti que Solis, il n’a cependant eu de cesse de s’en démarquer, celui-ci ayant agrégé les mécontentements en raison de scandales de conflits d’intérêts mais aussi de son incapacité à réduire le chômage (plus de 9%) et la montée, récente mais inquiétante, de la violence et du narcotrafic.

Le nouveau président va devoir s’atteler au redressement des finances de ce petit pays de 5 millions d’habitants, l’un des plus stables d’Amérique centrale, mais plombé par un déficit de plus de 6% du PIB et une dette de plus de 50%, qui menacent la pérennité de son système social et éducatif, et ses ambitions environnementales. Ce qui ne sera pas simple puisqu’il ne dispose pas de la majorité au Congrès. Favorable, lui, au mariage gay, et doté d’une vice-présidente afro descendante, Epsy Campbell (« la première de tout le continent » selon cette féministe, militante des droits des minorités ethniques et sexuelles), il va cependant devoir mettre un frein à ses positions progressistes face aux crispations de l’opinion. Preuve de sa grande flexibilité idéologique, il s’est d’ailleurs récemment déclaré contre l’avortement.

Lancement officiel du petro, monnaie virtuelle vénézuélienne

En défaut partiel et face à une inflation à 4 chiffres, Caracas a lancé hier sa cryptomonnaie, le petro, censée parer aux sanctions américaines. Ce mercredi, le gouvernement de Nicolas Maduro a annoncé avoir reçu pour 735 millions de dollars d’intentions d’achat dans les vingt premières heures de la prévente.

Après la prévente privée (38,4 millions de petros) débutera le 20 mars l’offre publique de 44 millions de petros, dont l’Etat se réservera 17,6 millions. Au total, 100 millions de petros seront distribués, soit 6 milliards de dollars.

Le petro est très différent des autres monnaies virtuelles: il est indexé sur les réserves de pétrole du pays (les plus importantes au monde) et sur les stocks de diamant, d’or et de gaz. Le prix de vente de référence a été fixé à 60 dollars, soit le prix du baril de pétrole, et variera comme lui. Le gouvernement va également créer un « Observatoire de la Blockchain« , une plateforme d’échanges de cryptomonnaie, étroitement contrôlée par le gouvernement.

Cette initiative est destinée à trouver une issue à l’impasse dans laquelle se trouve le pays, plombé par une dette extérieure évaluée à 150 milliards de dollars. Le pays est un cas d’école de la maladie hollandaise : ses ressources en devises proviennent quasi exclusivement du pétrole, dont la chute des cours l’a frappé de plein fouet en 2013. Et comme il ne fabrique plus grand-chose, il doit importer la quasi totalité des produits de première nécessité, nourriture et médicaments notamment, dont la pénurie devient insoutenable pour la population.

Les cryptomonnaies ne sont pas inconnues au Venezuela. Dans ce pays où l’inflation est galopante (2.300 % en 2018 prédisent certains analystes) et où le bolivar a perdu 95,5% face au dollar au marché noir, le bitcoin fait depuis 2016 office de valeur refuge.  Des dizaines de milliers de « mineurs » fabriquent des bitcoins et échangent leurs gains en dollars ou en nouveaux bitcoins. L’envolée du cours a atteint 12.000 dollars début décembre 2017, soit 1.200% d’augmentation par rapport au début de l’année, alors que dans la même période l’hyperinflation atteignait 800% selon le FMI.

Drôle de guerre en forêt guyanaise

Les sédiments liquéfiés passent sur un tapis qui piège les paillettes d'or

Le géographe François-Michel Le Tourneau a mené trois missions dans la forêt guyanaise, au côté des militaires et gendarmes qui combattent l’orpaillage illégal. Mais rien ne semble dissuader les chercheurs d’or brésiliens, ou garimpeiros, d’abandonner leur lucrative activité…                                                                                                                                                           

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