Incarcéré à New-York, Maduro sera jugé pour narcotrafic
Kidnappé dans la nuit du samedi 3 janvier 2025 avec son épouse Cilia Flores par les forces américaines à Caracas et emmené aussitôt à New York, Nicolas Maduro, le président déchu du Vénézuela, est incarcéré dans une prison de Brooklyn. Cuba a indiqué dimanche que 32 de ses ressortissants, qui assuraient la protection de Maduro, ont été tués « au cours des combats ».
Présenté lundi à un tribunal, il a plaidé non coupable des accusations de trafic de drogue retenues contre lui et assuré être « toujours le président » de son pays. Le procès n’aura pas lieu avant plusieurs mois. Il devrait tenter de plaider l’immunité du fait de son statut de chef d’Etat, mais probablement sans succès. En effet, l’administration Trump ne lui reconnait pas cette légitimité depuis l’élection fraudée de 2024. Il sera donc jugé comme « narcoterroriste ». « En tant que président du Venezuela et désormais dirigeant de facto, il a laissé la corruption liée à la cocaïne prospérer pour son propre profit, celui des membres de son régime et de sa famille », dixit le Département de la Justice. L’acte d’accusation avance également que depuis 1999, le couple présidentiel et d’autres leaders du régime ont « encouragé l’autonomisation et la croissance de groupes narcoterroristes violents, finançant leurs organisations grâce aux profits générés par le trafic de cocaïne », et mis au service des narcos l’appareil sécuritaire de l’Etat. Le président déchu aurait également, lorsqu’il était ministre des Affaires étrangères, délivré des passeports diplomatiques à des trafiquants, et utilisé des avions diplomatiques pour rapatrier l’argent de la drogue depuis le Mexique.
Il est aussi accusé d’avoir participé depuis 2013, date de son accession au pouvoir, à la création de nouvelles routes de la cocaïne après une saisie par les autorités françaises à l’aéroport Charles-de-Gaulle. Cilia Flores, avocate proche de Hugo Chavez depuis le coup d‘Etat de 2002, aurait, elle, reçu des pots-de-vin de plusieurs centaines de milliers de dollars pour mettre en relation des narcos avec des membres du régime.
Donald Trump a réaffirmé que les Etats-Unis étaient désormais « aux commandes » au Venezuela jusqu’à ce qu’une transition politique « sûre » puisse se faire, sans donner de date. La vice-présidente Delcy Rodriguez, nommée présidente par intérim par la Cour suprême vénézuélienne, bien que chaviste de la première heure, semble disposée à collaborer avec l’administration Trump. Celui-ci l’a menacée d’un sort « pire que celui réservé à Nicolas Maduro » si elle ne collaborait pas.



