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	<title>Latina Eco &#187; Pérou</title>
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		<title>Le nouveau président péruvien, PPK, mettra l&#8217;accent sur les relations avec l&#8217;Asie</title>
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		<pubDate>Sat, 11 Jun 2016 07:45:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Anne Denis]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Elu dimanche dernier, sur le fil, à la présidentielle, Pedro Pablo Kuczynski prendra ses fonctions le 28 juillet prochain. Du ralentissent économique à la pression du narcotrafic, en passant par les divisions et les conflits internes, les défis sont nombreux mais le pays ne manque pas d’atouts. Après 4 jours de comptage de voix, Pedro Pablo Kuczynski, dit PPK, a]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Elu dimanche dernier, sur le fil, à la présidentielle, Pedro Pablo Kuczynski prendra ses fonctions le 28 juillet prochain. Du ralentissent économique à la pression du narcotrafic, en passant par les divisions et les conflits internes, les défis sont nombreux mais le pays ne manque pas d’atouts.</strong><span id="more-1305"></span></p>
<p>Après 4 jours de comptage de voix, Pedro Pablo Kuczynski, dit PPK, a finalement été déclaré vainqueur jeudi dernier à l’élection présidentielle du 5 juin. Sa rivale Keiko Fujimori, fille de l&rsquo;ex-président Alberto Fujimori aujourd&rsquo;hui emprisonné pour crime contre l&rsquo;humanité et corruption, a admis sa défaite. Mais la victoire du candidat libéral est si courte _ 50,12%, soit seulement quelque 40 000 voix de plus sur 17 millions de votes exprimés _ qu’elle sonne comme un avertissement, d’autant qu’elle reste suspendue à des recours.<br />
A 77 ans, Pedro Pablo Kuczynski, ex-banquier de Wall Street qui a renoncé à la nationalité américaine, ex Premier ministre et déjà candidat à l’élection de 2001, est certes un vieux briscard de la politique. Mais les difficultés qui l’attendent dès le 28 juillet prochain, date à laquelle le président sortant Ollanta Humala, lui cèdera officiellement la place, sont légion.</p>
<p><strong>Une élection par défaut </strong></p>
<p>Ne serait-ce que parce qu’il s’agit d’une victoire par défaut, pour faire barrage à l’élection de Keiko Fujimiro, comme l’explique le spécialiste Jean-Jacques Kourliandsky <a href="http://www.iris-france.org/77612-quelle-legitimite-pour-le-nouveau-president-du-perou/" target="_blank">dans une analyse publiée sur le site de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS)</a> : <em>«Une majorité de Péruviens a exprimé son hostilité au système Fujimori, qui comprend aussi bien la fille que le père. Les Péruviens sont nombreux, même parmi ceux qui ne partagent pas les idées de PPK, à avoir décidé de faire barrage. La candidate arrivée en troisième position au premier tour de l’élection présidentielle, Veronika Mendoza, qui avait obtenu 19 % des suffrages et avait défendu le seul programme alternatif de centre-gauche, a ainsi appelé ses électeurs à empêcher le retour du système Fujimori et donc à voter PPK. Cela explique la victoire surprise du candidat Kuczynski, qui était loin derrière sa rivale au premier tour – 21 % contre 38 % &#8211; et qui, 10 jours avant les élections, semblait n’avoir aucune chance d’être élu »</em>.<br />
Le fait cependant que la quasi moitié des Péruviens aient voté pour la fille de l’ex-président Fujimori, qui a dirigé le pays pendant 10 ans d’une main brutale et autocratique, reste préoccupant. D’ailleurs, le fujimorisme est largement majoritaire au Congrès avec 73 sièges sur 130, le futur président ne pouvant compter que sur 18 députés.<br />
La polarisation du pays n’est cependant pas flagrante lorsqu’on regarde les programmes économiques très proches des deux rivaux. PPK entend défendre et renforcer le positionnement libéral du Pérou, d’ores et déjà très ouvert à l’international, membre de l’Alliance du Pacifique (qui regroupe aussi le Chili, le Mexique et la Colombie) et de l’APEC (Coopération économique pour l’Asie Pacifique (APEC). Jean-Jacques Kourliandsky note aussi que le président élu a d’ores et déjà affirmé <em>« que sa priorité serait asiatique et que son premier déplacement se déroulerait en Chine [</em>son premier client, ndlr<em>]»</em>. Pour le chercheur,<em> «cela est cohérent avec la situation de l’économie péruvienne qui, ces dernières années, est devenue beaucoup plus dépendante des partenaires asiatiques, en particulier de la Chine, et beaucoup moins des Etats-Unis et de l’Europe »</em>.</p>
<p><strong>Une croissance de 3,7% prévue en 2016 </strong></p>
<p>Le nouveau président devra certes affronter la crise qui frappe, dans la foulée du ralentissement chinois, tous les pays producteurs de matières premières de la région, même si le Pérou résiste plutôt mieux que certains de ses voisins, avec une croissance attendue cette année de 3,7% (2,9% en 2015). Beaucoup moins, certes, que durant la décennie faste 2003-2013 où le PIB a grimpé de 6% par an en moyenne. L’objectif de PPK est de doper la croissance en faisant passer la TVA de 18 à 15 % ou en permettant aux grandes entreprises de déduire leurs investissements de leurs impôts. Il a promis de créer trois millions d&rsquo;emplois et de fournir en eau potable les 10 millions de Péruviens qui en sont encore privés. Il veut aussi développer la bancarisation et le crédit (pour le porter de 35% à 70% du PIB) , alors que 70% des emplois sont aujourd’hui informels.<br />
La politique extractiviste de ce pays minier (cuivre, or , argent…) n’est pas remise en cause, malgré les conflits violents et même meurtriers de plus en plus nombreux qui ont opposé le gouvernement Humala aux communautés indiennes, soucieuses à la fois de protéger leur environnement et de récolter davantage les fruits de cette manne. PPK a prévu d’ajouter un volet social à tout nouveau projet, ce qui ne devrait pas suffire à calmer la contestation.</p>
<p><strong>Insécurité et narcotrafic</strong></p>
<p>Mais le président est d’abord attendu sur les questions de sécurité, hantise de 70% des Péruviens face à la recrudescence des méfaits des bandes criminelles, «les maras » et du narcotrafic. Le Pérou est l&rsquo;un des leaders mondiaux de la production de cocaïne (8,5 milliards de dollars par an selon les estimations), la classe politique est gangrenée. C’est sans doute sur ce point que sera jugé le début de mandat d’un président à la fois chevronné et atypique . Aux critiques sur son âge , il répond que <em>« sa tête et son expérience fonctionnent bien»</em>.</p>
<p><strong>Ex ministre et premier ministre du président Toledo  </strong></p>
<p>Sa biographie est dense. Son père était médecin dans l&rsquo;armée allemande pendant la Première Guerre mondiale, avant de fuir au Pérou après l’arrivée au pouvoir de Hitler. Il soigne alors les lépreux dans la jungle amazonienne, où PPK passe une partie de son enfance. Ce dernier, flûtiste de haut niveau passé par le Royal College of Music de Londres, a aussi étudié l’économie à Oxford et à Princeton, travaillé à Wall Street et à la Banque mondiale, exercé les fonctions de ministre de l’Energie, puis de l’Economie, puis de Premier Ministre sous la présidence d’Alejandro Toledo (2001-2006). Balayant les accusations de conflits d’intérêt compte tenu de ses tickets d’administrateurs dans plusieurs grands groupes, <em>« j&rsquo;ai les mains propres,</em> affirme-t-il.J<em>e ne suis pas un homme politique, je suis un économiste qui veut faire quelque chose pour son pays&nbsp;&raquo;.</em><br />
Ce cousin du réalisateur Jean-Luc Godard (par sa mère franco-suisse) est aussi un grand amateur de Harley Davidson. Difficile à ce stade de savoir si cela lui sera utile dans ses nouvelles fonctions.</p>
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		<title>ALLIANCE DU PACIFIQUE (III). Le Pérou veut attirer les PME étrangères</title>
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		<pubDate>Mon, 11 May 2015 16:11:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Anne Denis]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Entreprises]]></category>

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		<description><![CDATA[VIDEO. Pour Aldo Parodi, directeur du bureau commercial que Lima vient d’ouvrir à Paris, le Pérou comporte de nombreux atouts pour les entreprises françaises, notamment dans les secteurs agricole, alimentaire et textile. Après le Chili et la Colombie, nous poursuivons notre tour d’horizon sur l’Alliance du Pacifique avec un autre de ses membres, le Pérou, toujours du point de vue]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>VIDEO. Pour Aldo Parodi, directeur du bureau commercial que Lima vient d’ouvrir à Paris, le Pérou comporte de nombreux atouts pour les entreprises françaises, notamment dans les secteurs agricole, alimentaire et textile.</strong><span id="more-1029"></span></p>
<p>Après le Chili et la Colombie, nous poursuivons notre tour d’horizon sur l’Alliance du Pacifique avec un autre de ses membres, le Pérou, toujours du point de vue de son bureau commercial basé en France. Bureau que Lima a ouvert récemment à Paris _ ainsi qu’en Italie, au Portugal, en Allemagne, au Royaume Uni et aux Pays Bas,après la Belgique et l’Espagne_ et qui est en charge de la promotion des exportations, des investissements et du tourisme. Deux ans après l’entrée en vigueur de <a href="http://www.tresor.economie.gouv.fr/7809_entree-en-vigueur-de-deux-nouveaux-accords-de-libre-echange-ue-colombie-et-ue-amerique-centrale" target="_blank">l’accord de libre échange avec l’Union européenne</a>, son principal partenaire commercial, le Pérou entend exploiter les opportunités de cet accord, notamment en France, qui n’est que le 7ème pays de l’Union, en termes d’importation de produits péruviens.<br />
La mission essentielle de «l’Ocex Pérou France» consiste à mettre en relation les entreprises françaises et péruviennes. En fin d’année dernière, Latina-eco a rencontré son nouveau directeur, Aldo Parodi. Ancien élève du lycée français de Lima, puis de l’ESCP, il considère la France comme son «deuxième pays». Pour lui, le marché péruvien a de quoi intéresser les milieux d’affaires français. Fort d’une croissance moyenne de quelque 7% par an pendant 10 ans, le pays a certes, dans une certaine mesure, été rattrapé par la crise mondiale mais conserve de nombreux atouts pour les investisseurs étrangers, et pas seulement dans le domaine des mines. Aldo Parodi compte cette année se concentrer sur trois secteurs stratégiques : le textile, l’agroalimentaire et le tourisme, soulignant notamment l&rsquo;opportunité que représente la volonté du pays de mettre en culture <strong>100 000 hectares de terres supplémentaires</strong>, pour doubler la production agricole.</p>
<p><strong>Partie I</strong></p>
<p><iframe width="860" height="645" src="https://www.youtube.com/embed/L4mSVV-XnA4?feature=oembed" frameborder="0" allow="autoplay; encrypted-media" allowfullscreen></iframe></p>
<p><strong>Partie II</strong></p>
<p><iframe width="860" height="645" src="https://www.youtube.com/embed/4Z31B61n3Ks?feature=oembed" frameborder="0" allow="autoplay; encrypted-media" allowfullscreen></iframe></p>
<div style="margin: 10px 20px 10px 0; width: 50%; float: left; clear: both; border: 1px solid #eee; background: #F5F5F5;"><span style="width: 100%; float: left; color: #fff; background-color: #e84747; font-family: Arial; height: 25px;"> A lire également</span><!-- debut du code a dupliquer--><br />
<span style="width: 100; float: left; font-weight: bold; padding: 5px 10px; clear: both;"><br />
<a href="http://www.latina-eco.com/alliance-du-pacifique-i-le-chili-veut-devenir-une-puissance-alimentaire-mondiale/">Le Chili veut devenir une puissance alimentaire mondiale </a><br />
<a href="http://www.latina-eco.com/alliance-du-pacifique-ii-la-colombie-cest-maintenant/"> &laquo;&nbsp;La Colombie, c&rsquo;est maintenant&nbsp;&raquo;</a><br />
</span></p>
<p><!-- fin du code a dupliquer--></p>
</div>
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		<title>Démission du Premier ministre péruvien sur fond de conflit minier</title>
		<link>https://www.latina-eco.com/demission-du-premier-ministre-peruvien-sur-fond-de-conflit-minier/</link>
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		<pubDate>Sun, 18 Dec 2011 14:33:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Anne Denis]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Le président Humala s&#8217;est séparé de son premier ministre Salomon Lerner et d&#8217;une dizaine de ministres. Certains crient déjà à la radicalisation à gauche mais ce remaniement est surtout lié à des divergences internes au sujet du conflit minier qui secoue la région de Cajamarca depuis des semaines. La démission le 10 décembre dernier du Premier ministre péruvien Salomon Lerner,]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span id="more-516"></span><strong>Le président Humala s&rsquo;est séparé de son premier ministre Salomon Lerner et d&rsquo;une dizaine de ministres. Certains crient déjà à la radicalisation à gauche mais ce remaniement est surtout lié à des divergences internes au sujet du conflit minier qui secoue la région de Cajamarca depuis des semaines.</strong></p>
<p><!--more--></p>
<p>La démission le 10 décembre dernier du Premier ministre péruvien Salomon Lerner, homme d&rsquo;affaires et ami du président Ollanta Humala, et son remplacement par Oscar Valdés, un ancien militaire à la retraite qui était déjà ministre de la Défense, continuent de faire des vagues. La crainte d’une radicalisation refait surface , et les opposants au président parlent de &laquo;&nbsp;militarisation&nbsp;&raquo; du gouvernement (le président est lui-même un ancien militaire). Dans la foulée, dix ministres (sur dix-neuf) ont été remplacés. Pourtant, dans La Republica, l’écrivain Mario Vargas Llosa a jugé le remaniement <em>« légitime »</em> et ces critiques <em>« exagérées, faites par goût de la truculence »</em>. On ne peut pourtant pas soupçonner le Prix Nobel de littérature (qui avait estimé lors de la présidentielle de juin que l’alternative Humala-Keiko Fujimori revenait à choisir entre le cancer et le sida) de sympathie excessive à l’égard du président nationaliste de gauche.</p>
<p>Après son élection, celui-ci s’était entouré d’un gouvernement très modéré, mais éclectique, destiné à adoucir son image radicale auprès des investisseurs. De source gouvernementale, on explique que l’objectif du remaniement est donc de mettre en place un gouvernement <em>«plus cohérent » </em>. Mais la plupart des observateurs font le lien direct avec le conflit en cours dans la région de Cajamarca, au nord du pays, au sujet du méga projet d’extraction d’or à Conga. Selon les écologistes, ce projet menace l&rsquo;alimentation en eau de la région. Il prévoit notamment de remplacer trois lacs d’altitude par des réservoirs artificiels. Mené par l’Américain Newmont, le projet Conga est le plus gros investissement minier au Pérou (4,8 milliards de dollars). Il avait été validé en 2010 sous le gouvernement Toledo. Fin novembre, la contestation dans la région a pris de l’ampleur, avec manifestations monstres et parfois violentes, grèves, blocages des routes, des écoles, des hopitaux etc. Et il semble que les divergences entre le Président et son Premier ministre sur la méthode pour résoudre le conflit soient devenues insurmontables, le second continuant de privilégier la négociation, contrairement au premier.</p>
<p><strong>Nouvelle expertise en vue du projet Conga</strong></p>
<p>Salomon Lerner s&rsquo;est en effet directement impliqué, négociant pendant tout le premier week-end de décembre avec les chefs de file de la contestation sans parvenir à un accord. C’est au lendemain de cet échec qu’Ollanta Humala a décrété l&rsquo;état d&rsquo;urgence dans plusieurs districts de la province de Cajamarca, autorisant ainsi le déploiement de l&rsquo;armée aux côtés de la police pour le maintien de l&rsquo;ordre. Le jour suivant, Lerner démissionnait.</p>
<p>Cela dit, Humala et sa nouvelle équipe semblent vouloir rester prudents sur ce dossier explosif. Il est, de fait, partagé entre le souci de ne pas décourager les investisseurs miniers (auquel il a d’ailleurs récemment imposé une surtaxe pour financer ses programme sociaux) et celui de ne pas s’aliéner les populations indigènes et pauvres qui l’ont porté au pouvoir. Vendredi, après 12 jours, il a levé l&rsquo;état d&rsquo;urgence et promis qu’un expertise internationale serait menée pour revoir et affiner l&rsquo;étude d&rsquo;impact déjà validée. De plus, une délégation de ministres se rendra ces jours-ci à Cajamarca pour discuter de l&rsquo;impact du projet avec ses opposants.</p>
<p>Ce dossier est le véritable baptême du feu d’Humala. Il va permettre de tester sa capacité à gérer les conflits sociaux et environnementaux, très nombreux dans le pays, sans décourager les investissements miniers colossaux, alors que le secteur représente 60% des exportations péruviennes. Toutes les grandes compagnies se ruent aujourd’hui sur le Pérou, non sans garder un oeil méfiant sur le président, même si celui-ci a renoncé au très radical «ethnocacérisme » de son père et tente aujourd’hui de prouver qu’il a définitivement troqué le style Chavez pour la mode Lula.</p>
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		<item>
		<title>Les Cent jours d&#8217;Humala vus par l&#8217;un de ses proches</title>
		<link>https://www.latina-eco.com/les-cent-jours-dhumala-vus-par-lun-de-ses-proches/</link>
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		<pubDate>Wed, 02 Nov 2011 13:59:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Anne Denis]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; &#160; VIDEO.Gonzalo Garcia Nuñez est président du Conseil National de la Magistrature du Pérou et responsable d&#8217;une commission anticorruption nouvellement créée. Cet économiste réputé commente, dans un entretien accordé à Latina-eco, les premiers mois de présidence d’OIlanta Humala, dont il est proche.   Pour le nouveau président nationaliste de gauche, le soutien de Gonzalo Garcia Nuñez est un gage]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>VIDEO.Gonzalo Garcia Nuñez est président du Conseil National de la Magistrature du Pérou et responsable d&rsquo;une commission anticorruption nouvellement créée. Cet économiste réputé commente, dans un entretien accordé à Latina-eco, les premiers mois de présidence d’OIlanta Humala, dont il est proche.</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><span id="more-508"></span></p>
<p>Pour le nouveau président nationaliste de gauche, le soutien de Gonzalo Garcia Nuñez est un gage de sérieux, de modération et de compétence économique. Cet ancien élève de l’Université Nationale des Ingénieurs de Lima (l&rsquo;UNI, où il est devenu professeur), docteur de troisième cycle en économie de l’Université de Grenoble et resté proche de la France, est une personnalité reconnue des milieux universitaires péruviens. Président du « Colegio de ingenieros del Peru», ancien consultant pour diverses institutions onusiennes, il fut membre du conseil municipal de Lima sous les couleurs du bloc Gauche Unie avant de devenir, en 2001, l’un des directeurs de la Banque Centrale, où il a participé à l’instauration d’une nouvelle politique monétaire centrée sur le contrôle de l&rsquo;inflation et l’adoption de modèles de prévisions. Au même moment, il s’est rapproché politiquement du lieutenant-colonel Humala, dont il a contribué à rendre plus rassurante l&rsquo;image radicale et « chaviste ». Dans l&rsquo;entretien qu&rsquo;il nous a accordé en novembre dernier, en marge du colloque annuel de l’Institut des Amériques à Rennes (deux vidéos ci-dessous), Gonzalo Garcia Nuñez livre ses impressions sur les débuts du nouveau président, encore haut dans les sondages malgré les conflits croissants entre la population et les compagnies minières. Notamment dans la région de Cajamarca où l&rsquo;exploitation de la mine d’or de Conga, (un méga projet à 4,8 milliards de dollars mené par l&rsquo;Américain Newmont) menace les ressources en eau de la population.</p>
<p><em><strong>I. LES RELATIONS AVEC LES COMPAGNIES MINIERES, LA LUTTE CONTRE LA CORRUPTION ET LE NARCOTRAFIC</strong></em></p>
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<p><strong><em>II. LES RELATIONS AVEC LA CHINE, LA POLITIQUE MONETAIRE, LES ENJEUX</em> <em>SOCIAUX</em> </strong></p>
<p><iframe width="860" height="645" src="https://www.youtube.com/embed/dpRe5inl5GU?feature=oembed" frameborder="0" allow="autoplay; encrypted-media" allowfullscreen></iframe></p>
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		<title>Les investisseurs effarouchés par l’arrivée d’Humala au pouvoir</title>
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		<pubDate>Tue, 07 Jun 2011 08:18:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Anne Denis]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Entreprises]]></category>

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		<description><![CDATA[Le nouveau président nationaliste de gauche, élu par les nombreux Péruviens exclus de la croissance est, pour les milieux d’affaires, toujours associé au Vénézuélien Hugo Chavez , malgré ses propos modérés depuis le début de la campagne. Avec lui, le modèle économique du pays devrait évoluer. &#160; D’une courte tête (51,5% des suffrages), la candidat de gauche Ollanta Humala a]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le nouveau président nationaliste de gauche, élu par les nombreux Péruviens exclus de la croissance est, pour<strong> les milieux d’affaires,</strong> toujours associé au Vénézuélien Hugo Chavez , malgré ses propos modérés depuis le début de la campagne. Avec lui, le modèle économique du pays devrait évoluer. </strong></p>
<p><span id="more-712"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong> </strong>D’une courte tête (51,5% des suffrages), la candidat de gauche Ollanta Humala a donc ravi, dimanche 5 juin, la présidence du Pérou à sa rivale Keiko Fujimori, fille de l’ancien président autocrate Alberto Fujimori , actuellement emprisonné pour corruption et violation des droits de l’homme. Si cette victoire, qui avait échappé à Humala en 2006, a déclenché la joie des quartiers pauvres de Lima et des populations du centre du pays, les classes blanches privilégiées et les milieux d’affaires _ qui s’étaient repris à espérer une victoire de Keiko Fujimori_ sont inquiets, voire carrément paniqués. Dès lundi, la bourse de Lima dégringolait de 12,5% malgré une fermeture prématurée et les prédictions apocalyptiques fleurissaient sur Twitter. Aujourd’hui, les acteurs économiques guettent de la part du nouvel homme fort du Pérou tout signe susceptible de calmer leurs angoisses, telles par exemple les premières nominations au gouvernement ou à la Banque Centrale.</p>
<p>Rien de très surprenant à cet émoi. L’élection de Lula en 2002 avait provoqué un mini crakh à la bourse du Brésil avant que l’ancien syndicaliste métallo ne devienne finalement la coqueluche des marchés grâce à sa gestion orthodoxe des finances publiques. Or, Humala répète depuis des mois que son modèle est celui de Lula et non plus du très radical président vénézuélien Hugo Chavez. Et depuis son élection, il multiplie les déclarations rassurantes. <em>«Nous pensons que la bonne voie pour le Pérou, c&rsquo;est la sienne, il n&rsquo;a pas besoin de copier les autres pays »,</em> a-t-il affirmé à l’agence Reuters. Même s’il souhaite se rapprocher du Brésil, <em>«les Etats-Unis restent un partenaire stratégique du Pérou »</em>, a-t-il ajouté, affirmant vouloir collaborer avec eux pour lutter contre le trafic de drogue (le Pérou est devenu le premier producteur mondial de feuilles de coca devant la Colombie).</p>
<p><strong>Mieux redistribuer les richesses</strong></p>
<p>Malgré tout, la méfiance est grande. Entre les deux tours, le journal financier «Gestion» recommandait déjà à ses lecteurs investisseurs de <em>«rester liquides pendant 5 mois »</em>. Il est clair d’ailleurs que, sauf à se renier complètement, Humala, qui sera investi le 28 juillet prochain, va initier de réels changements par rapport aux deux décennies ultra libérales qui viennent de s’écouler. Car l’élection d’Humala soulève des attentes immenses auprès des millions de personnes oubliées du miracle péruvien.</p>
<div http://www.latina-eco.com/carlos-quenan-une-grande-partie-des-peruviens-na-pas-profite-de-la-prosperite-du-pays div>
<p>Certes, le pays connait depuis plusieurs années une croissance quasi asiatique (8,8% en 2010, 7,5% attendus en 2011), ses finances publiques sont saines, mais les inégalités restent proches des records mondiaux. Pendant que Lima et les villes côtières prospèrent, la malnutrition sévit encore dans les régions andines.</p>
<p>Pendant la campagne, Ollanta Humala<strong> </strong>a parlé de renégocier les traités de libre échange que le pays a passés avec la plupart de ses partenaires , Mexique, Etats-Unis, Chine… L’Union européenne vient de parapher un accord avec la Colombie et le Pérou et Humala pourrait très bien choisir de ne pas le ratifier en l’état. L’ouverture commerciale quasi-totale du pays _ à 3,3%, les droits de douane y sont les plus bas du continent _  pourrait être révisée.</p>
<p>Autre gros dossier : la récupération par le pays de sa souveraineté sur ses ressources naturelles, à commencer par les mines. Le sous-sol du Pérou est très riche en cuivre et zinc (numéro deux mondial), en argent (numéro un mondial), en or. La production de minerais représente seulement 6% du PIB mais 60% des exportations. Toutes les grandes compagnies internationales sont là : américaines, australiennes et, surtout, canadiennes. Or, le fameux «contrat de sécurité juridique et fiscale » leur garantit la même fiscalité réduite qu’au moment de l’octroi des concessions, après les privatisations des années 90. Mais depuis, le rendement de la production minière a explosé et les marges des compagnies aussi. Cette richesse phénoménale ne profite donc que très peu au pays, ni en termes de recettes ni en termes d’emplois, le secteur ne réclamant que peu de main-d’oeuvre. L’activité minière rencontre en outre une hostilité croissante de la part des populations locales, en raison de ses nuisances environnementales. Le gouvernement Garcia a même dû annuler un vaste projet sous la pression de violentes manifestations. Or, ce secteur concentre l’essentiel des quelques 40 milliards de dollars d’investissements étrangers (américains, européens, asiatiques) prévus dans le pays dans les 5 à 10 ans. A elle seule, la Chine a déjà programmé 11 milliards de dollars. Si, comme Humala l’a promis, la fiscalité du secteur est revue à la hausse, certains projets pourraient donc être remis en cause.</p>
<p><strong>Vastes projets portuaires et routiers</strong></p>
<p>Plus généralement, le flux annoncé d’IDE dans ce pays longtemps négligé pourrait être freiné en plein élan (la Cnuced estime à 45% leur hausse en 2010). Il faut dire que les investisseurs ont redécouvert ce pays jugé à la fois attractif et juridiquement stable, qui a en outre très bien résisté à la crise mondiale de 2008 : 45 milliards de dollars de réserves, un excédent budgétaire tel que le pays songeait récemment à se doter d’un fonds souverain de 6 milliards, une fiscalité basse, une inflation sous contrôle autour de 3%… Le gouvernement a tout fait pour encourager cette attractivité. <em>«La logique libérale a été poussée très loin. Il ne reste quasiment aucun secteur sous contrôle de l’Etat »,</em> remarque un observateur. Alan Garcia voulait faire du Pérou <em>« un hub entre l’Amérique latine et l’Asie »</em>. Le méga projet d’un port en eaux profondes à Callao, près de Lima, attribué en avril dernier à APM, filiale de Maersk, en est une illustration. Objectif : créer une voie routière avec le Brésil pour acheminer les matières premières agricoles du Mato Grosso à Callao puis les exporter vers l’Asie.</p>
<p>Le candidat Humala n’a pas ménagé ses efforts pour rassurer les milieux économiques sur ses intentions. L’objectif, répète-t-il, n’est pas de casser le modèle économique actuel mais de mieux redistribuer les richesses auprès des couches modestes de la population. Malgré tout, observe un diplomate, <em>« son programme en matière de ressources naturelles préconise des solutions très proches de la Bolivie, autrement dit la dénonciation des concessions au profit de contrats de service ».</em> Et de rappeler, relayant l’inquiétude des entreprises : <em>« Comme au Venezuela, plus de la moitié des secteurs productifs ont été nationalisés en Bolivie. Et la plupart des investisseurs ont déserté le pays». </em>Des inquiétudes contrebalancées par le fait que la coalition d’Humala, Gana Perù, n’a pas la majorité au Parlement. Il devra donc négocier avec la formation de l’ex président Alberto Toledo, Peru Posible, (centre droit), qui lui a apporté son soutien avant le deuxième tour. L’appui de la vingtaine de députés acquis à Toledo lui sera indispensable pour faire passer ses réformes. Un gage de modération pour les milieux d’affaires.</p>
<p><strong>Anne Denis</strong></p>
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		<title>Carlos Quenan : &#171;&#160;Une grande partie des Péruviens n&#8217;a pas profité de la prospérité du pays&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Mon, 16 May 2011 13:05:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Anne Denis]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Professeur à l’Institut des Hautes études d’Amérique latine (IHEAL), Université Sorbonne Nouvelle Paris 3, vice-président de l&#8217;Institut des Amériques et économiste senior au département de la recherche économique de Natixis, Carlos Quenan analyse pour Latina-eco le déroulement de l’élection présidentielle péruvienne, avant le second tour qui se tiendra le 5 juin prochain. Comment expliquez-vous que les deux candidats du deuxième]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Professeur à l’Institut des Hautes études d’Amérique latine (IHEAL), </strong><strong>Université Sorbonne Nouvelle Paris 3, vice-président de l&rsquo;Institut des Amériques et</strong> <strong>économiste senior au département de la recherche économique de Natixis, Carlos Quenan analyse pour Latina-eco le déroulement de l’élection présidentielle péruvienne, avant le second tour qui se tiendra le 5 juin prochain.</strong></p>
<p><span id="more-694"></span></p>
<div id="attachment_133" style="width: 208px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://www.latina-eco.com/wp-content/uploads/2014/05/cquenanphoto.jpg"><img class="size-full wp-image-133" alt="Carlos Quenan" src="http://www.latina-eco.com/wp-content/uploads/2014/05/cquenanphoto.jpg" width="198" height="277" /></a><p class="wp-caption-text">Carlos Quenan</p></div>
<h5><strong>Comment expliquez-vous que les deux candidats du deuxième tour soient ceux qui prônent un changement radical_ Ollanta Humala, nationaliste de gauche et Keiko Fujimori, fille d’un ancien président aujourd’hui emprisonné _  alors que l’économie du Pérou est en plein essor ?</strong></h5>
<p>La situation peut en effet sembler paradoxale. Bien que le Pérou connaisse depuis les années 2000 un cycle de croissance très dynamique _ avec, en 2010, une progression du PIB de 8,7% _ on constate que le président Alan Garcia termine son mandat avec une cote de popularité très basse (30% en janvier 2011), et que tous les candidats que l’on qualifie de «pro système » ont été balayés au premier tour. Pourtant, l’inflation est sous contrôle et le chômage a fortement diminué au cours de la dernière décennie pour se situer au niveau historiquement bas de 7,1%.</p>
<p>Mais ce paradoxe n’est qu’apparent. Les bons indicateurs macroéconomiques ne suffisent pas, car une partie importante de la population n’a pas profité de cette prospérité. Celle-ci repose d’ailleurs de plus en plus sur l’activité minière, qui génère peu de main-d’œuvre. Le taux d’emplois précaires est ainsi passé de 38,6% à 42,1% en une décennie. La pauvreté a reculé mais reste importante et les inégalités sociales sont extrêmement fortes. Le coefficient de Gini s’est d’ailleurs dégradé depuis le milieu des années 90. Selon les données de 2007, les 20% des Péruviens les plus aisés reçoivent près de 55% de la richesse produite, contre 3,6% seulement pour les 20% les plus pauvres. Là réside l’origine du mécontentement que les électeurs ont exprimé.</p>
<p>A cela s’ajoutent de fortes disparités régionales. Le niveau de vie dans les Andes et en Amazonie n’a rien à voir avec celui des quartiers chics de Lima. Ce sont deux mondes différents. La carte électorale est éloquente : Humala est arrivé en tête au premier tour dans 17 des 24 régions. Il a même obtenu la majorité absolue dans deux des circonscriptions les plus pauvres.</p>
<h5><strong>Aucun des gouvernements récents n’a donc tenté de lutter contre ce décalage entre croissance et niveau de vie de la population ?</strong></h5>
<p>Pour comprendre la situation du pays, il faut remonter aux années 90, à l’époque de l’ancien président Alberto Fujimori. En un laps de temps très court (1992-1993), celui-ci a imposé des réformes libérales de grande ampleur, qui ont profondément modifié les structures institutionnelles du pays. On a appelé ça le « Fujichoc ». Selon la Cepalc (1), il s’agit de la politique de libéralisation la plus radicale de toute la région, qui n’a peut-être d’égale que la vague de privatisations et de libéralisation lancée au même moment en Argentine par l’ancien chef d’Etat Carlos Menem. Rien à voir en revanche avec le Brésil ou d’autres pays, où le processus s’est étalé sur plus d’une décennie. Cette politique musclée a d’ailleurs permis à Fujimori de lutter efficacement contre l’hyperinflation _ et contre le terrorisme du Sentier lumineux_ ce qui lui a valu une popularité élevée, avant de dériver vers l’autoritarisme et la corruption.</p>
<p>Ses successeurs Alejandro Toledo, puis Alan Garcia ont certes renoué avec un certain respect institutionnel mais ni l’un ni l’autre, bien que centristes, n’ont vraiment infléchi la ligne libérale de la politique économique de Fujimori. Même s’ils ont lancé de nouvelles initiatives (tel un plan de transferts sous conditions mis en place par Toledo), ils sont restés plutôt timides en matière de réformes sociales. Résultat, les dépenses publiques sociales sont toujours très faibles. Elles n’ont que peu progressé en 10 ans dans le domaine de la santé et dans l’éducation, elles ont même reculé en termes relatifs, à 2,7% du PIB, contre 3,2% en 1998. Cette situation s’explique par un autre handicap du pays : la faiblesse criante de la pression fiscale, qui ne représente que 13,8% du PIB (l’objectif est de 15% en 2012). Soit moins que pour l’ensemble de l’Amérique latine (où la moyenne, de 17 à 18%, est pourtant déjà basse) et bien moins qu’au Brésil (35 à 36%) ou en Argentine (autour de 30%).</p>
<h5><strong>Les milieux d’affaires voient en Humala un nouveau Chavez et s’inquiètent de sa possible élection. Qu’en pensez-vous ? Croyez-vous à sa victoire ?</strong></h5>
<p>Evidemment, les investisseurs s’inquiètent davantage d’une victoire d’Humala que de Keiko Fujimori, qui est considérée comme « pro ordre » et « pro marché ». Personnellement, j’ai tendance à penser qu’en cas de victoire, Ollanta Humala ne remettra pas en cause radicalement la gouvernance économique du pays. Il semblerait qu’ il ait opéré un recentrage depuis 2006 il s’est même rendu il y a quelques mois à Washington pour essayer de montrer qu’il était devenu plus modéré. Il pourrait aussi recevoir le soutien de plusieurs candidats malheureux du premier tour et fédérer les anti-Fujimori. Sera-t-il élu ? Il a fait une campagne très intelligente, aidé par les anciens conseillers de Lula. C’est peut-être le moment Humala mais n’oublions pas qu’une nouvelle campagne a commencé pour le deuxième tour, et que Keiko Fujimori fait actuellement tout pour convaincre l’électorat qu’elle ne succombera pas aux dérives autoritaires qui ont caractérisé la gestion de son père.</p>
<h5><strong>Ce scrutin n’illustre-t-il pas aussi la faiblesse chronique des partis politiques au Pérou?</strong></h5>
<p>Certainement. Le seul qui subsiste est l’Apra, d’essence nationaliste et sociale démocrate à la fois, or il est très mal en point. C’est le parti du président sortant Alan Garcia. Pourtant, la candidate qu’il a choisie a dû jeter l’éponge avant les élections, faute de percer dans les sondages !</p>
<p>Avant les années 80, il existait plusieurs forces politiques structurées, dont un parti démocrate chrétien et des partis de gauche qui bénéficiaient d’une forte audience dans les quartiers pauvres de Lima et les zones défavorisées du pays. La plupart n’ont pas résisté à la profonde crise sociale et économique, qui a débouché sur l’avènement, en 1990, de deux outsiders hors partis : l’écrivain Mario Vargas Llosa (actuel Prix Nobel de littérature) et Alberto Fujimori. Tous deux se sont imposés uniquement par leur personnalité, et non grâce à un appareil politique. Le premier (centre droit puis droite libérale) , très apprécié des élites éduquées, a été battu par Fujimori (droite populiste) , qui a su séduire la population en répétant : «Je ne parle pas, j’agis». Depuis cette période, aucune force politique solide n’a pu se reconstituer : on a plutôt assisté à un défilé de formations de circonstance, vouées uniquement à servir un candidat-caudillo.</p>
<p><em>(1) </em><em>Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes</em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Duel des extrêmes au second tour des élections péruviennes</title>
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		<pubDate>Mon, 16 May 2011 09:33:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Anne Denis]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Le nationaliste de gauche Ollanta Humala affrontera le 5 juin Keiko Fujimori, fille et héritière de l’ancien autocrate populiste de droite Alberto Fujimori. Deux candidatures protestataires inattendues dans un pays en forte croissance _ 8,8% en 2010_ mais plus inégalitaire que jamais. L’issue de l’interminable campagne électorale péruvienne reste incertaine. Le premier tour de la présidentielle, le 10 avril, a]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span>Le nationaliste de gauche Ollanta Humala affrontera le 5 juin Keiko Fujimori, fille et héritière de l’ancien autocrate populiste de droite Alberto Fujimori. Deux candidatures protestataires inattendues dans un pays en forte croissance _ 8,8% en 2010_ mais plus inégalitaire que jamais. </span></strong></p>
<p><span id="more-688"></span></p>
<p><span>L’issue de l’interminable campagne électorale péruvienne reste incertaine. Le premier tour de la présidentielle, le 10 avril, a été remporté par le candidat de gauche radicale Ollanta Humala, largement en tête avec 31,7% des suffrages, devant Keiko Fujimori (23,5% des voix), fille de l’ex dictateur de droite populiste d’origine japonaise Alberto Fujimori. Ces outsiders situés aux deux extrêmes de l’échiquier politique du Pérou, ont éliminé les 8 autres candidats, dont tous ceux issus de la mouvance de droite modérée au pouvoir depuis 10 ans : l&rsquo;ex-Premier ministre Pedro Pablo Kuczynski (PPK), arrivé troisième avec 18,5%, l&rsquo;ancien président Alejandro Toledo (15,6%) et l’ancien maire de Lima, Luis Castañeda (9,8%). Un résultat que personne, trois mois avant, n’aurait pu prédire dans ce pays en forte croissance, alors que la plupart des sondages pronostiquaient un second tour Toledo-Castañeda. Mais Humala , qui était déjà présent au second tour des élections de 2006, a fait, de l’avis général , une excellente campagne, affichant une modération nouvelle et refusant soigneusement tout parallèle avec le très radical président vénézuélien Hugo Chavez auquel on le compare sans cesse. Il a pour cela été efficacement secondé par des conseillers de l’ancien président brésilien Lula (payés, dit-on, par Caracas), dont il se réclame désormais. Résultat, sa cote est montée en flèche dans les dernières semaines avant le premier tour.</span></p>
<p><span><strong><span>Tractations</span></strong></span></p>
<p><span>Depuis le 11 avril, de fiévreuses tractations se déroulent entre les deux finalistes et les candidats écartés. Toledo s’est résolu à discuter avec Humala, les contacts se multiplient entre Fujimori et les libéraux PPK et Castañeda. C’est en effet du report des voix de ces vaincus que dépend l’issue du second tour. Humala comme Fujimori s’efforcent donc de lisser leurs déclarations pour se concilier le soutien de ces centristes libéraux. L’écrivain Mario Vargas Llosa, bien que passé en quelques décennies du castrisme au libéralisme le plus assumé, s’est lui-même récemment prononcé en faveur du candidat de gauche Humala, après avoir soutenu Toledo au premier tour. Le Prix Nobel de littérature 2010, qui ne fait pas toujours dans la dentelle, avait pourtant estimé qu’une alternative Humala- Fujimori reviendrait à choisir entre « le sida et le cancer en phase terminale ». Mais sa haine d’Alberto Fujimori, qui l’a battu à plate couture lors de l’élection de 1990 (à laquelle l’écrivain s’était présenté) a été la plus forte. Reste à savoir s’il dispose encore d’une influence significative dans son pays natal (qu’il a quitté pour l’Espagne en 1990).</span></p>
<p><span>Pour autant, difficile de savoir qui l’emportera le 5 juin prochain. La Bourse a dévissé depuis l’annonce du score d’Ollanta Humala au premier tour, avant de se reprendre ces jours-ci avec le renversement , certes timide, de la tendance. Deux sondages récents placent en effet Keiko Fujimori en tête avec, selon les instituts, 40,6% et 41% des voix, contre 37,9% à 39% pour Ollanta Humala. Ce lieutenant-colonel à la retraite de 48 ans, issu d’une famille métisse aisée, est redouté et haï par les milieux d’affaires et les classes aisées blanches, qui craignent qu’il ne déboulonne le régime libéral en place depuis plus de 20 ans au Pérou. Son père Isaac est le fondateur de l’ethnocacérisme (1), mouvement socialiste, nationaliste et indigéniste. Ollanta lui-même a combattu le régime fujimoriste et son frère Antauro est l’auteur d’une rébellion avortée au milieu des années 2000. Surtout, le soutien actif que lui avait apporté Hugo Chavez lors de la campagne électorale de 2006 continue de lui coller à la peau, même s’il n’a cessé, depuis , de prendre ses distances avec le chantre vénézulien de l’antilibéralisme et de l’antiaméricanisme. Chavez ne renierait cependant pas de nombreuses réformes inscrites au programme d’Humala et de sa coalition Gaña Peru, qui prévoit notamment une réforme de la Constitution et la renégociation des contrats d&rsquo;exploitation des ressources naturelles, minières en particulier. Un programme plébiscité dans les provinces andines et dans les quartiers pauvres de Lima.</span></p>
<p><span>Keiko Fujimori, 35 ans, héritière du courant de droite populiste de son père et favorable comme lui à l’économie de marché, ne suscite évidemment pas le même rejet dans les milieux économiques. En outre, elle bénéficie aussi d’un certain vote populaire sécuritaire. <em>« La montée de l’insécurité dans le pays est l’un des thèmes importants de la campagne »,</em> estime un bon connaisseur du pays. Le fujimorisme conserve d’ailleurs depuis 10 ans un réservoir de votes de 17 à 20 % de nostalgiques de ce régime à la «mano dura», qui a triomphé de l’hyperinflation et du Sentier lumineux. Mais beaucoup de Péruviens conservent une haine farouche à l’égard de cet autocrate et de ses escadrons de la mort. Alberto Fujimori purge depuis 2010 une peine de 25 ans de prison pour violation des droits de l’Homme et corruption et nombreux sont ceux qui craignent que sa fille ne le gracie, si elle est élue.</span></p>
<div id="attachment_692" style="width: 284px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://www.latina-eco.com/wp-content/uploads/2011/05/keiko-fujimori-2011.jpg"><img class="size-full wp-image-692" alt="Keiko Fujimori en meeting " src="http://www.latina-eco.com/wp-content/uploads/2011/05/keiko-fujimori-2011.jpg" width="274" height="184" /></a><p class="wp-caption-text">Keiko Fujimori en meeting</p></div>
<p><span><strong><span>34% de pauvres</span></strong></span></p>
<p><span>Même s’il est possible qu’Humala rate, pour la seconde fois, la dernière marche menant au pouvoir, son score remarquable au premier tour est le signe d’une profonde frustration au sein de la population. A priori surprenant dans un pays affichant la meilleure croissance d’Amérique latine et l’une des meilleures au monde avec une hausse de 8,78% en 2010 et un rythme annuel de 6 à 7 % depuis 10 ans. Le modèle néolibéral qui prévaut depuis deux décennies, marqué par l’orthodoxie financière, l’ouverture du pays aux investisseurs étrangers, la multiplication des accords de libre-échange (avec le Mexique, les Etats-Unis, la Chine, l’Union européenne) permet certes au pays d’afficher d’enviables indicateurs macroéconomiques à peine écornés par la crise de 2008, des finances saines (45 milliards de dollars de réserves) et des institutions économiques solides, telle la banque centrale. Mais  ce modèle n’a eu aucun effet sur la réduction des inégalités, parmi les plus fortes du sous-continent, qui se sont même creusées, comme le souligne Carlos Quenan, professeur à l’IHEAL. Même si le nombre de Péruviens vivant dans la misère (avec moins de 4 dollars par jour) a reculé de 49% à 34% depuis 2004, il reste très élevé. Surtout, la majorité a le sentiment de ne pas profiter du boom économique, tant les systèmes redistributifs sont défaillants, avec un taux de travail informel de 70% et une pression fiscale de moins de 15%. En matière d’éducation, de santé, de couverture sociale, d’infrastructures, le pays est à la traîne. Les zones rurales (30% de la population) sont délaissées au profit des villes, à commencer par Lima . La main mise des majors sur l’activité minière rencontre une hostilité croissante des populations locales, dont les manifestations sont parfois brutalement réprimées.</span></p>
<p><span>Signe du rejet de plus en plus net de cette politique, le président sortant Alan Garcia (centre droit) à qui la Constitution interdit de se représenter, achève son mandat avec un taux de popularité de moins de 30%. La candidate choisie par son parti, l’Apra, n’a pu se maintenir jusqu&rsquo;au premier tour et lors des législatives qui se sont tenues le même jour, l’Apra n’a recueilli que 4 sièges (sur 130) ! Pour autant, pas facile de savoir ce que feront les 45% des quelque 20 millions d’électeurs qui ont voté au centre au premier tour. En tout cas, quel que soit le candidat élu, il devra composer avec un Parlement très fragmenté où ni la coalition d’Humala (bien qu’en tête) , ni celle de Keiko Fujimori n’a la majorité. De quoi modérer les ardeurs de l’un ou de l’autre même si certains observateurs prédisent, en cas de victoire d’Humala, l’élection à court terme d’une assemblée constituante.</span></p>
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<p><em><strong>(1) </strong>En référence au colonel et président du Pérou Andrés Cáceres (fin du XIX ème siècle) qui s’illustra dans la guerre du Pacifique contre le Chili.</em></p>
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