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	<description>L&#039;info éco d&#039;Ushuaïa à San Diego</description>
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		<title>Cinq scénarios pour le Venezuela post-Maduro</title>
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		<pubDate>Tue, 06 Jan 2026 14:45:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Anne Denis]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Venezuela]]></category>

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		<description><![CDATA[Le flou règne sur l’avenir du Venezuela après la capture de son président par les États-Unis. Plusieurs voies sont envisageables, du maintien en place du régime chaviste à une prise de contrôle du pouvoir par Washington. La version originale de l&#8217;article a été publiée le 04/01/2026 sur The Conversation par Robert Muggah, cofondateur de l&#8217;Institut Igarapé, groupe de réflexion brésilien indépendant. L’opération militaire menée]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le flou règne sur l’avenir du Venezuela après la capture de son président par les États-Unis. Plusieurs voies sont envisageables, du maintien en place du régime chaviste à une prise de contrôle du pouvoir par Washington.</strong></p>
<p><strong>La <a title="Cinq scénarios pour le Venezuela " href="https://theconversation.com/cinq-scenarios-pour-le-venezuela-post-maduro-272695" target="_blank" rel="noopener">version originale</a> de l&rsquo;article a été publiée le 04/01/2026 sur <a href="http://theconversation.com/">The Conversation</a> par Robert Muggah, cofondateur de l&rsquo;Institut Igarapé, groupe de réflexion brésilien indépendant.</strong><br />
<span id="more-1841"></span><br />
L’opération militaire menée par les États-Unis à l’aube du 3 janvier, qui a permis de capturer Nicolas Maduro et son épouse puis de les emmener à New York, où <a href="https://www.ouest-france.fr/monde/venezuela/le-president-venezuelien-nicolas-maduro-et-son-epouse-sont-arrives-sur-le-sol-americain-fc26f5a2-e8f5-11f0-9b78-7c77e15311d5">ils ont été incarcérés</a>, marque un tournant pour le continent américain. Après <a href="https://www.reuters.com/world/americas/trump-says-us-has-captured-venezuela-president-maduro-2026-01-03/">plusieurs mois de menaces d’intervention militaire</a> et de <a href="https://theconversation.com/venezuela-and-us-edge-toward-war-footing-but-domestic-concerns-international-risks-may-hold-washington-back-266509">renforcement constant des forces armées états-uniennes dans la région</a>, ces dernières ont destitué un président étranger à l’issue d’une opération qui a duré un peu plus de deux heures.</p>
<p>Que ce soit sous le prétexte de la lutte contre le trafic de drogue ou au nom d’un changement de régime, le message est clair : les États-Unis sont prêts à agir de manière unilatérale, par la force et, au besoin, de <a href="https://www.thenation.com/article/world/trump-illegal-war-kidnapping-venezuela-maduro-congress-reaction/">façon illégale</a>. Les répercussions seront vastes pour le Venezuela, bien sûr, mais aussi pour l’ensemble de l’Amérique latine.</p>
<p>Les <a href="https://www.reuters.com/world/americas/world-reacts-us-strikes-venezuela-2026-01-03/">réactions à l’intervention états-unienne</a> ont été immédiates. La Colombie, qui a dépêché des troupes à sa frontière, se préparant à l’arrivée potentielle de réfugiés, a dénoncé les frappes comme un affront à la souveraineté des pays de la région. Cuba s’est joint à l’Iran, à la Russie et à d’autres adversaires de Washington pour condamner le raid devant les Nations unies. Quelques gouvernements, notamment celui de l’Argentine, ont en revanche <a href="https://www.trtworld.com/article/c5d65db7958b">apporté leur soutien sans réserve</a> à cette opération.</p>
<p>Donald Trump a annoncé que les États-Unis allaient <a href="https://www.bbc.com/news/live/c5yqygxe41pt">« diriger »</a> le Venezuela jusqu’à ce qu’il y ait une « transition sûre, appropriée et judicieuse » du pouvoir, et assuré que son administration « n’avait pas peur d’envoyer des troupes au sol ».</p>
<p>Jusqu’à présent, peu de détails concrets sur la suite des événements ont été fournis. Beaucoup dépendra des prochaines actions de Washington et de la réaction de la classe politique vénézuélienne, qui est très divisée. En tant qu’<a href="https://igarape.org.br/en/robert-muggah/">expert des relations entre les États-Unis et l’Amérique latine</a>, j’estime que cinq scénarios principaux sont plausibles.</p>
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<div><span style="color: #222222; font-size: 2.25em; font-weight: bold;">1. Trump déclare avoir eu gain de cause et en reste là</span></div>
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<p>Dans ce premier scénario, Trump proclame que la mission a été accomplie, présente la capture de Maduro comme un triomphe et réduit rapidement le rôle des États-Unis dans l’avenir immédiat du pays. Les institutions vénézuéliennes restent largement intactes. L’actuelle vice-présidente <a href="https://www.france24.com/en/video/20260103-venezuelan-vp-rodriguez-s-speech-contradicts-trump-s-claims">Delcy Rodriguez</a>, le ministre de l’intérieur Diosdado Cabello et le ministre de la défense Vladimir Padrino Lopez dirigent un gouvernement reconstitué qui poursuit la ligne de gauche développée par feu Hugo Chavez, même si ce système est désormais privé de sa dernière figure de proue en la personne de Maduro.</p>
<p>Un tel développement conviendrait aux généraux états-uniens désireux de limiter les risques pour leurs troupes, ainsi qu’aux puissances étrangères soucieuses d’éviter un vide du pouvoir. <em>A contrario</em>, l’opposition vénézuélienne et les pays voisins qui ont <a href="https://www.unhcr.org/us/emergencies/venezuela-situation">subi des années d’afflux de réfugiés</a> feraient la grimace.</p>
<p>Surtout, cela réduirait à néant l’influence sur le pays que Washington vient d’acquérir au prix de nombreux efforts. Après avoir pris la décision extraordinaire d’enlever un chef d’État, revenir en arrière et se contenter d’un léger <a href="https://www.wilsoncenter.org/sites/default/files/media/uploads/documents/From%20Populist%20to%20Socialist%20to%20Authoritarian%20Chavismo_Obstacles%20and%20Opportunities%20for%20Democratic%20Change.pdf">remaniement du chavisme</a> apparaîtrait comme une reculade contraire aux normes des interventions étrangères des États-Unis.</p>
<h2>2. Un soulèvement populaire renverse le chavisme</h2>
<p>Deuxième possibilité : le choc provoqué par la destitution de Maduro brise l’aura d’inévitabilité du gouvernement et déclenche un soulèvement populaire qui balaye le <a href="https://www.britannica.com/topic/chavismo">chavisme</a>. Au vu de la vacance de la présidence et de l’affaiblissement des forces de sécurité, démoralisées ou divisées, une large coalition de partis d’opposition, de groupes de la société civile et de chavistes mécontents fait pression pour la mise en place d’un conseil de transition, peut-être sous l’égide de l’Organisation des États américains (OEA) ou des Nations unies.</p>
<p>Reste qu’une telle révolution, en particulier lorsqu’elle est soutenue par une ingérence extérieure, se déroule rarement sans heurts. Des années de <a href="https://www.ohchr.org/en/press-releases/2025/03/venezuela-harsh-repression-and-crimes-against-humanity-ongoing-fact-finding">répression politique</a>, de <a href="https://observatory-venezuela.insightcrime.org/">crime organisé</a>, de <a href="https://www.economicsobservatory.com/why-did-venezuelas-economy-collapse">misère économique</a> et d’émigration ont vidé la classe moyenne et les syndicats vénézuéliens de leur substance. Les <em>colectivos</em> armés – des groupes paramilitaires ayant un <a href="https://www.france24.com/en/live-news/20250108-venezuela-s-colectivos-ready-to-pounce-as-opposition-plans-protest">intérêt au maintien de l’ancien régime</a> – opposeraient une résistance farouche. Il en résulterait peut-être non pas une avancée démocratique rapide mais une transition instable : un gouvernement provisoire fragile, des violences sporadiques et d’intenses luttes intestines sur les questions relatives aux amnisties et au contrôle du secteur pétrolier.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #222222; font-size: 2.25em; font-weight: bold;">3. Les USA installent à Caracas un pouvoir allié</span></p>
<p>Dans ce scénario, Washington tire parti de la nouvelle donne pour faire pression en faveur d’un changement complet de régime. Cela pourrait se traduire par un durcissement des sanctions à l’encontre des <a href="https://www.independent.co.uk/news/world/americas/venezuelan-ap-corruption-tareck-el-aissami-nicolas-maduro-b2311457.%20html">personnalités encore au pouvoir</a>, par l’intensification des frappes contre les installations de sécurité et les milices, par un soutien secret aux factions insurgées et par l’utilisation du procès de Maduro comme d’une tribune mondiale pour délégitimer une fois pour toutes le chavisme.</p>
<p>Une personnalité reconnue en tant que leader de l’opposition serait portée au pouvoir à la suite d’une forme d’élection contrôlée, d’un conseil de transition ou d’une passation de pouvoir négociée – <a href="https://www.foxnews.com/world/maria-corina-machado-emerges-top-potential-successor-after-maduros-fall">potentiellement, quelqu’un comme Maria Corina Machado</a>, lauréate du prix Nobel de la paix 2025. Les États-Unis et leurs alliés proposeraient une restructuration de la dette et un financement de la reconstruction du pays en échange de réformes économiques libérales et d’un alignement géopolitique sur Washington.</p>
<p>Cette option est très risquée. Une transition ouvertement orchestrée par les États-Unis entacherait la légitimité du nouveau leadership vénézuélien, tant au niveau national qu’international. Elle aggraverait la polarisation du pays, renforcerait la dénonciation de l’impérialisme (ce qui est depuis longtemps un argument central du chavisme) et inciterait la Chine, Cuba, l’Iran et la Russie à s’ingérer également dans les affaires du pays. Un mouvement chaviste meurtri mais non brisé pourrait se transformer en résistance armée, faisant du Venezuela un nouveau théâtre d’insurrection de faible intensité.</p>
<h2>4. Supervision par Washington et transition contrôlée</h2>
<p>Une transition contrôlée : c’est l’option que Trump a <a href="https://apnews.com/article/trump-maduro-venezuela-b6e272ee8e23636a1ab9618d8257ae59">ouvertement envisagée</a>. Washington exercerait provisoirement sa tutelle sur le Venezuela. Les premières priorités seraient d’imposer une chaîne de commandement et de restaurer les capacités administratives du pays, de stabiliser la monnaie et le système de paiement, et de mettre en place des réformes progressives afin d’éviter l’effondrement de l’État pendant la transition.</p>
<p>Le calendrier politique serait alors une dimension essentielle. Washington exercerait une forte influence sur les <a href="https://americasquarterly.org/article/reaction-trump-says-u-s-will-run-venezuela-after-maduros-capture/">dispositions provisoires en matière de gouvernance</a>, les règles électorales et le calendrier des élections présidentielle et législatives, y compris la reconstitution des autorités électorales et la définition des conditions minimales pour la campagne électorale et l’accès aux médias. Les États-Unis n’auraient pas nécessairement besoin d’occuper le pays, mais ils pourraient <a href="https://www.axios.com/2026/01/03/trump-venezuela-maduro">avoir besoin de déployer des forces sur le terrain</a> pour dissuader les fauteurs de troubles.</p>
<figure>
<div><span style="font-size: 0.95em;">La logique économique de cette option reposerait sur le rétablissement rapide de la production pétrolière et des services de base grâce au soutien technique des États-Unis, à l’implication de leurs entreprises privées et à un allègement sélectif des sanctions. Des entreprises, telles que </span><a style="font-size: 0.95em;" href="https://www.reuters.com/business/energy/chevron-granted-restricted-us-license-operate-venezuela-sources-say-2025-07-30/">Chevron</a><span style="font-size: 0.95em;">, la seule grande compagnie pétrolière états-unienne encore implantée au Venezuela, ou des prestataires de services pétroliers, comme </span><a style="font-size: 0.95em;" href="https://www.reuters.com/markets/commodities/us-allows-oil-service-firms-maintain-assets-venezuela-through-mid-nov-2024-05-10/">Halliburton</a><span style="font-size: 0.95em;">, seraient probablement les premiers bénéficiaires.</span></div>
</figure>
<p>Là aussi, les risques sont considérables. Comme dans le cas précédent de l’arrivée au pouvoir d’une équipe ouvertement alignée sur Washington, une tutelle états-unienne pourrait attiser les sentiments nationalistes <a href="https://www.leftvoice.org/emergency-declaration-we-condemn-the-imperialist-attack-by-the-u-s-against-venezuela-and-the-kidnapping-of-maduro/">et valider</a> le discours anti-impérialiste propre au chavisme. La menace implicite de l’utilisation de la force pourrait dissuader les groupes criminels, mais elle pourrait également approfondir le ressentiment et durcir la résistance des groupes armés, des partisans de Maduro ou de toute autre personne opposée à l’occupation.</p>
<h2>5. Conflit hybride et instabilité contrôlée</h2>
<p>Finalement, le plus probable est que tous les scénarios ci-dessus soient en quelque sorte mélangés : on assisterait alors à une lutte prolongée dans laquelle aucun acteur ne l’emporterait complètement. La destitution de Maduro pourrait affaiblir le chavisme, sans totalement détruire ses réseaux dans l’armée, l’administration et les quartiers défavorisés. L’opposition pourrait être revigorée mais <a href="https://english.elpais.com/international/2025-12-08/venezuelas-opposition-trapped-in-an-all-or-nothing-situation.html">demeurerait divisée</a>. Sous Trump, les États-Unis seront puissants sur le plan militaire mais limités dans leur marge de manœuvre en raison de la lassitude de leur population à l’égard des guerres étrangères, de la perspective des élections de mi-mandat à venir et des doutes quant à la légalité de leurs méthodes.</p>
<p>Dans ce cas de figure, le Venezuela pourrait sombrer dans plusieurs années d’instabilité contrôlée. Le pouvoir pourrait <em>de facto</em> être partagé entre une élite chaviste affaiblie, des figures de l’opposition cooptées dans le cadre d’un accord transitoire et des acteurs sécuritaires contrôlant des fiefs locaux. Les frappes sporadiques et les opérations secrètes des États-Unis pourraient se poursuivre en étant calibrées pour punir les fauteurs de troubles et protéger les partenaires privilégiés de Washington, sans aller jusqu’à une occupation de grande échelle.</p>
<h2>Une doctrine Monroe 2.0 ?</h2>
<p>Quel que soit l’avenir, ce qui semble clair pour l’instant, c’est que l’opération anti-Maduro peut être considérée, tant par ses partisans que par ses détracteurs, comme l’application d’une sorte de <a href="https://www.theglobeandmail.com/opinion/article-donald-trump-is-making-a-risky-gamble-to-dominate-the-americas">doctrine Monroe 2.0</a>. Cette version, qui fait suite à la doctrine originale du XIX<sup>e</sup> siècle dans laquelle Washington mettait en garde les puissances européennes contre toute ingérence dans sa sphère d’influence, est une affirmation plus musclée selon laquelle les rivaux lointains des États-Unis et leurs clients locaux <a href="https://www.whitehouse.gov/wp-content/uploads/2025/12/2025-National-Security-Strategy.pdf">ne seront pas autorisés à avoir leur mot à dire</a> sur le continent américain.</p>
<p>Ce message agressif ne se limite pas à Caracas. Cuba et le Nicaragua, déjà soumis à de lourdes sanctions états-uniennes et de plus en plus dépendants des soutiens russe et chinois, verront le <a href="https://en.as.com/latest_news/which-countries-back-maduro-and-which-side-with-trump-in-the-venezuelaunited-states-conflict-f202601-n/">raid vénézuélien</a> comme un avertissement indiquant que même les gouvernements bien établis ne sont pas à l’abri si leur politique n’est pas suffisamment alignée sur celle de Trump. La Colombie, théoriquement alliée des États-Unis mais actuellement dirigée par un gouvernement de gauche <a href="https://www.gazetadopovo.com.br/mundo/petro-rebate-trump-diz-justica-eua-colabora-expansao-narcotrafico/">qui a vivement critiqué</a> la politique vénézuélienne de Washington, se retrouve prise en étau.</p>
<p>Les États petits et moyens, et pas seulement ceux d’Amérique latine, ne peuvent qu’être inquiets. Le Panama, dont le canal est essentiel au commerce mondial et à la mobilité navale des États-Unis, pourrait <a href="https://theconversation.com/us-pressure-has-forced-panama-to-quit-chinas-belt-and-road-initiative-it-could-set-the-pattern-for-further-superpower-clashes-249093">faire l’objet d’une pression renouvelée</a>, Washington souhaitant pouvoir compter dans ce pays sur un pouvoir local qui sera proche de lui et qui bloquera les avancées chinoises dans les ports et les télécommunications. Le Canada et le Danemark auront également regardé cet épisode de très près, l’administration Trump ayant récemment rappelé avec force qu’elle convoite le Groenland.</p>
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		<title>Incarcéré à New-York, Maduro sera jugé pour narcotrafic</title>
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		<pubDate>Mon, 05 Jan 2026 14:48:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Anne Denis]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Venezuela]]></category>

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		<description><![CDATA[Kidnappé dans la nuit du samedi 3 janvier 2025 avec son épouse Cilia Flores par les forces américaines à Caracas et emmené aussitôt à New York, Nicolas Maduro, le président déchu du Vénézuela, est incarcéré dans une prison de Brooklyn. Cuba a indiqué dimanche que 32 de ses ressortissants, qui assuraient la protection de Maduro, ont été tués &#171;&#160;au cours]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Kidnappé dans la nuit du samedi 3 janvier 2025 avec son épouse Cilia Flores par les forces américaines à Caracas et emmené aussitôt à New York, Nicolas Maduro, le président déchu du Vénézuela, est incarcéré dans une prison de Brooklyn. Cuba a indiqué dimanche que 32 de ses ressortissants, qui assuraient la protection de Maduro, ont été tués &laquo;&nbsp;au cours des combats&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Présenté lundi à un tribunal, il a plaidé non coupable des accusations de trafic de drogue retenues contre lui et assuré être <i>&laquo;&nbsp;toujours le président</i>&nbsp;&raquo; de son pays. Le procès n&rsquo;aura pas lieu avant plusieurs mois. Il devrait tenter de plaider l&rsquo;immunité du fait de son statut de chef d&rsquo;Etat, mais probablement sans succès. En effet, l’administration Trump ne lui reconnait pas cette légitimité depuis l’élection fraudée de 2024. Il sera donc jugé comme « narcoterroriste ». <i>« En tant que président du Venezuela et désormais dirigeant de facto, il a laissé la corruption liée à la cocaïne prospérer pour son propre profit, celui des membres de son régime et de sa famille</i> », dixit le Département de la Justice. L’acte d’accusation avance également que depuis 1999, le couple présidentiel et d&rsquo;autres leaders du régime ont <i>« encouragé l&rsquo;autonomisation et la croissance de groupes narcoterroristes violents, finançant leurs organisations grâce aux profits générés par le trafic de cocaïne », </i>et mis au service des narcos l&rsquo;appareil sécuritaire de l&rsquo;Etat. Le président déchu aurait également, lorsqu&rsquo;il était ministre des Affaires étrangères, délivré des passeports diplomatiques à des trafiquants, et utilisé des avions diplomatiques pour rapatrier l&rsquo;argent de la drogue depuis le Mexique.</p>
<p>Il est aussi accusé d’avoir participé depuis 2013, date de son accession au pouvoir, à la création de nouvelles routes de la cocaïne après une saisie par les autorités françaises à l&rsquo;aéroport Charles-de-Gaulle. Cilia Flores, avocate proche de Hugo Chavez depuis le coup d‘Etat de 2002, aurait, elle, reçu des pots-de-vin de plusieurs centaines de milliers de dollars pour mettre en relation des narcos avec des membres du régime.</p>
<p>Donald Trump a réaffirmé que les Etats-Unis étaient désormais <i>« aux commandes »</i> au Venezuela jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;une transition politique <i>« sûre</i> » puisse se faire, sans donner de date. La vice-présidente Delcy Rodriguez, nommée présidente par intérim par la Cour suprême vénézuélienne, bien que chaviste de la première heure, semble disposée à collaborer avec l’administration Trump. Celui-ci l’a menacée d&rsquo;un sort <i>« pire que celui réservé à Nicolas Maduro »</i> si elle ne collaborait pas.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Le Chili ne supporte plus l&#8217;injustice de son modèle</title>
		<link>https://www.latina-eco.com/le-chili-ne-supporte-plus-linjustice-de-son-modele/</link>
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		<pubDate>Sat, 02 Nov 2019 06:00:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Anne Denis]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Chili]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[Les classes moyennes chiliennes se révoltent face à un système ultralibéral hérité de la dictature militaire et face à leurs élites qui souhaitent le maintenir. Article publié le 29 janvier sur Slate.fr &#160; &#160; Personne n&#8217;a vraiment vu venir les émeutes sanglantes au Chili. Le président du pays, Sebastián Piñera, moins que tout autre. Cette démocratie du cône sud de l&#8217;Amérique]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Les classes moyennes chiliennes se révoltent face à un système ultralibéral hérité de la dictature militaire et face à leurs élites qui souhaitent le maintenir</strong>.</p>
<p><span style="color: #993300;"><em><strong>Article publié le 29 janvier sur Slate.fr</strong></em></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-1820"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Personne n&rsquo;a vraiment vu venir les émeutes sanglantes au Chili. Le président du pays, Sebastián Piñera, moins que tout autre. Cette démocratie du cône sud de l&rsquo;Amérique latine, que les investisseurs considèrent comme un marché fiable dans un sous-continent plus éruptif et imprévisible que jamais, affiche de bons indicateurs économiques et sociaux: moins de 7% de chômage, 4% de croissance du PIB en 2018 (2,5% attendus en 2019), un taux de pauvreté de 8,6% très faible pour la région (plus de 25% au Brésil) et le PIB par habitant le plus élevé de la zone.</p>
<p>Une situation a priori beaucoup plus enviable que celle de ses voisins, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de la Bolivie, où la tension monte après <a href="https://www.francetvinfo.fr/monde/ameriques/presidentielle-en-bolivie-evo-morales-reelu-des-le-premier-tour-la-communaute-internationale-hausse-le-ton_3674575.html" target="_blank">une élection présidentielle suspecte</a>, de l&rsquo;Équateur en pleine crise sociale, du Brésil, polarisé et rongé par la criminalité, ou de l&rsquo;Argentine, de nouveau au bord du défaut de paiement, sans parler de la descente aux enfers du Venezuela.</p>
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<p>Face à ce marasme, Sebastián Piñera présentait son pays, deux jours avant les émeutes, comme <em>«une véritable oasis dotée d&rsquo;une démocratie stable»</em>, faisant ainsi montre de son monumental aveuglement. C&rsquo;est sans doute en raison de sa mauvaise évaluation de la situation qu&rsquo;il a, lors des premières violences, envoyé l&rsquo;armée et les chars dans les rues de Santiago, la capitale –du jamais-vu depuis la fin de la dictature d&rsquo;Augusto Pinochet. Des centaines de vidéos d&rsquo;affrontements et de répression brutale ont fait le tour du monde.</p>
<h3>L&rsquo;étincelle du ticket de métro</h3>
<p>Une semaine plus tard, on compte dix-huit décès, plus de 500 personnes blessées dans des incendies et des pillages mais aussi par balles, <a href="http://www.biobiochile.cl/noticias/nacional/chile/2019/10/23/indh-reporta-2-410-detenidos-y-210-heridos-por-armas-de-fuego-durante-ola-de-manifestaciones.shtml" target="_blank">selon l&rsquo;Institut national des droits de l&rsquo;homme</a> (INDH), et quelque 2.400 arrestations. Pourtant, malgré l&rsquo;état d&rsquo;urgence, les manifestations se poursuivent, gonflées depuis le mercredi 23 octobre par les appels à la grève générale du principal syndicat du pays, le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Centrale_unique_des_travailleurs_du_Chili" target="_blank">CUT</a>, et d&rsquo;une vingtaine d&rsquo;organisations étudiantes et professionnelles.</p>
<p>Tout a démarré, on le sait, par l&rsquo;annonce d&rsquo;une augmentation du prix du ticket de métro, porté de 800 à 830 pesos. Une hausse de 3,7% seulement, à peine plus que l&rsquo;inflation, mais portant sur un titre de transport déjà très cher (l&rsquo;équivalent d&rsquo;un euro, dans un pays où le salaire minimum mensuel est de 360 euros).</p>
<p>Les protestations ont commencé par un refus de payer (les jeunes sautant par-dessus les tourniquets), pour aboutir, dans la nuit du 18 octobre, à une véritable explosion de colère dans la capitale: plus de soixante-dix des stations du métro le plus moderne d&rsquo;Amérique latine ont été dévastées et des bâtiments symboliques, comme le siège d&rsquo;une grande banque ou celui de la compagnie d&rsquo;électricité Enel, incendiés.</p>
<p>Sebastián Pinera est, lui, passé de l&rsquo;alarmisme le plus extrême, annonçant solennellement que le Chili était <em>«en guerre contre un ennemi puissant, implacable, prêt à faire usage de la violence et de la délinquance sans aucune limite»</em>,<em> </em>à un rétropédalage spectaculaire quelques jours plus tard, n&rsquo;hésitant pas à <em>«demander pardon»</em> au peuple chilien pour son <em>«manque de vision».</em></p>
<p>Après avoir remballé la hausse du prix du ticket de métro, il a annoncé un plan de 1,1 milliard d&rsquo;euros, prévoyant notamment une hausse du salaire minimum et une revalorisation de 20% des minima vieillesse. Mais il est peu probable qu&rsquo;il réussisse à se faire entendre, tant que les soldats n&rsquo;auront pas regagné les casernes.</p>
<h3>La phobie du complot international</h3>
<p>Difficile de savoir à ce stade comment peut se dénouer la crise, mais plusieurs questions se posent, dont celle-ci: comment, dans ce pays traumatisé par une dictature militaire entre 1973 et 1988, les autorités ont-elles pu paniquer au point d&rsquo;envoyer l&rsquo;armée –et non la seule police– réprimer les débordements?</p>
<p>Sebastián Piñera, milliardaire et libéral, est un pur produit de l&rsquo;élite chilienne, qui a déjà présidé le pays entre 2010 et 2014, avant d&rsquo;être élu de nouveau fin 2017. Il a construit sa fortune pendant l&rsquo;ère Pinochet, mais ne montre aucune nostalgie de la dictature –contrairement au Brésilien Bolsonaro.</p>
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<p>Certes, parmi les protestataires, se trouvent des casseurs comparables à des black blocks, qui ont créé un climat de violence et de destructions inédit; le mouvement, dont les leaders ne sont pas clairement identifiés, a par ailleurs semblé plus coordonné (réseaux sociaux obligent) que spontané.</p>
<p>De quoi, peut-être, alimenter au sein du gouvernement la crainte plus ou moins sincère que ces émeutes soient téléguidées, non pas seulement par des organisations étudiantes ou par l&rsquo;extrême gauche chilienne, mais aussi par cet <em>«ennemi puissant»</em> non cité mais qui pourrait (ont cru comprendre certains observateurs) être le Venezuela de Nicolás Maduro –ce qui justifierait, alors, le recours à l&rsquo;armée?</p>
<p>Avec d&rsquo;autres députés vénézuéliens <a href="http://presidenciave.com/es/presidencia/borges-presento-pruebas-que-inculpan-a-la-dictadura-de-maduro-y-castro-con-la-desestabilizacion-en-la-region/" target="_blank">comme Julio Borges</a>, le principal opposant à Maduro, Juan Guaidó, président par intérim depuis janvier dernier, a lui-même accrédité la thèse d&rsquo;une <em>«ingérence cubano-venézuélienne»</em> dans les mouvements sociaux au Chili et en Équateur. Il a <a href="http://www.clarin.com/mundo/juan-guaido-denuncio-nicolas-maduro-financia-infiltra-protestas-region_0_Yyic7O3-.html" target="_blank">estimé que le président Maduro</a><em> «avait la capacité de financer des groupes, via l&rsquo;or extrait de l&rsquo;arc minier, et de les infiltrer pour déstabiliser la région».</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em><img alt="" src="http://www.slate.fr/sites/default/files/000_1dr65n.jpg" /></em><br />
Sebastián Piñera et Juan Guaidó à Cúcuta, en Colombie, le 22 février 2019. | Raul Arboleda / AFP</p>
<p>La débâcle du régime chaviste, qui a déjà fait fuir plus de 4 millions de personnes du pays, est en elle-même un élément de déstabilisation de la région.</p>
<p>Il est en outre évident que Caracas et La Havane se réjouissent de voir l&rsquo;autorité du président chilien mise à mal. Et si leurs responsables ont eu les moyens d&rsquo;attiser la contestation, ils l&rsquo;ont sûrement fait. Piñera fait d&rsquo;ailleurs partie des dirigeants latino-américains les plus critiques envers Maduro, qui le lui rend bien: récemment, ce dernier l&rsquo;a carrément accusé <a href="http://www.francetvinfo.fr/monde/venezuela/venezuela-le-gouvernement-affirme-avoir-dejoue-un-coup-d-etat-militaire_3510191.html" target="_blank">d&rsquo;avoir fomenté un coup d&rsquo;État militaire contre lui</a>, avec l&rsquo;aide de Bogota et de Washington.</p>
<h3>«Un véritable système de castes»</h3>
<p>Pourtant, malgré ces tensions régionales, il est clair que la première cause de l&rsquo;embrasement réside dans l&rsquo;exaspération du peuple chilien envers son gouvernement.</p>
<p>Jouant sa survie politique, le président prétend l&rsquo;avoir brusquement compris et cherche depuis à apaiser la situation. Il veut, dit-il, <em>«rattraper le temps perdu avec des mesures concrètes»</em>.</p>
<p>De fait, ses promesses (hausse des retraites les plus faibles, baisse du prix des médicaments, gel du prix de l&rsquo;électricité, baisse des salaires des députés, hausse des impôts des plus riches&#8230;) ciblent assez bien les préoccupations récurrentes de la population. Il y a malgré tout fort à parier qu&rsquo;elles ne suffiront pas, car ce qu&rsquo;exigent désormais nombre des protestataires, ce ne sont pas des mesures ponctuelles, mais un changement de modèle.</p>
<p>Beaucoup de gens arrivent à la retraite avec une pension inférieure au salaire minimum, alors qu&rsquo;ils ont versé 10% de leur salaire, pendant toute leur vie, à un ruineux système par capitalisation. Les classes moyennes travaillent dur mais sont lourdement endettées, car elles doivent payer –très cher– pour l&rsquo;éducation de leurs enfants, pour la santé, éventuellement pour l&rsquo;hôpital. Pourquoi? Parce que dans ce pays, tout, absolument tout, est privatisé.</p>
<p>Le système est directement hérité de l&rsquo;ère Pinochet, durant laquelle les théories ultralibérales de l&rsquo;école de Chicago ont été appliquées de la façon la plus pure à tous les pans de l&rsquo;économie et inscrites dans la Constitution de 1980. Or celle-ci régit toujours, en bonne partie, la société chilienne.</p>
<figure>
<blockquote><p>Environ 1.200 individus s&rsquo;arrogent à eux seuls 10% de la richesse totale.</p></blockquote>
</figure>
<p>Couplées à une municipalisation de l&rsquo;éducation et de la santé, ces doctrines ont généré une profonde ségrégation sociale, <em>«un véritable système de castes»</em>, selon le sociologue Alain Touraine. Les inégalités ont explosé, le Chili battant, au coude-à-coude avec le Brésil et la Colombie, tous les records de ce sous-continent pourtant très inégalitaire.</p>
<p><a href="https://ciperchile.cl/2013/03/28/la-parte-del-leon-como-los-super-ricos-se-apropian-de-los-ingresos-de-chile/" target="_blank">Dans une étude datant de 2013</a>, des économistes chiliens ont montré que 1% de la population concentrait 30% des revenus du pays. Ils ont en outre mis en évidence que la tranche des 0,01% –environ 1.200 individus, soit quelque 300 familles– s&rsquo;arrogeait à elle seule 10% de la richesse totale!</p>
<p>Un peu partout dans le monde, au Liban, en Équateur ou en France, les classes moyennes se révoltent contre leurs élites mondialisées. Mais au Chili, il s&rsquo;agit, comme on le voit, d&rsquo;un véritable cas d&rsquo;école.</p>
<h3>«Pas les 30 pesos mais les 30 ans»</h3>
<p>Ce ras-le-bol ne date pas de la semaine dernière: les manifestations étudiantes se succèdent depuis plus de dix ans. En 2011, lors de son premier mandat, l&rsquo;actuel président a déjà affronté pendant plus de six mois une fronde étudiante réclamant l&rsquo;éducation gratuite.</p>
<p>Michelle Bachelet, présidente de centre gauche à laquelle Sebastián Piñera a succédé, a elle aussi connu de forts mouvements de contestation à la fin de son second mandat, qui avait pourtant soulevé de grands espoirs de changement.</p>
<p>Elle n&rsquo;a réussi à faire voter au Congrès ni la réforme de la Constitution, ni celle des retraites, ni celle du système de santé. La fiscalité n&rsquo;a été modifiée qu&rsquo;à la marge. Quant à sa promesse emblématique de l&rsquo;université gratuite pour tous, elle reste incomplète, la loi ne s&rsquo;appliquant qu&rsquo;aux revenus les plus faibles.</p>
<p>Bien que l&rsquo;action de Michelle Bachelet ait aussi été entravée par le ralentissement de l&rsquo;économie (et par un fils mouillé dans une affaire de corruption), ces échecs montrent clairement que même dans la coalition de gauche, beaucoup de responsables politiques ont intérêt à ce que rien ne change.</p>
<p>L&rsquo;un des slogans les plus entendus dans les manifestations illustre la frustration intense que ces blocages inspirent à la population:<em> </em><em>«No son 30 pesos, son 30 años!»</em> Autrement dit: le problème, ce ne sont pas les 30 pesos (de hausse du prix du ticket de métro), ce sont les trente ans (d&rsquo;immobilisme institutionnel depuis le retour à la démocratie)&#8230;</p>
<p><a style="font-size: 1.125em; font-weight: bold;" href="http://www.slate.fr/story/183333/amerique-latine-chili-manifestations-emeutes-sebastian-pinera-injustice-inegalites" target="_blank"><em>Lire la suite sur Slate.fr</em></a><span style="color: #222222; font-size: 1.125em; font-weight: bold;"> </span></p>
<p><em style="font-size: 0.95em;"><strong>Depuis la première publication de l&rsquo;article et face à la persistance des troubles, le président chilien a dû se résoudre à annuler le sommet de l&rsquo;APEC (Forum de coopération économique Asie-Pacifique), qui devait se tenir du 13 au 17 novembre à Santiago (et auquel devaient assister Donald Trump, Vladimir Poutine et Xi Jinping) . Il a aussi annulé la tenue de la COP 25 que la capitale chilienne devait accueillir du 2 au 13 décembre 2019 et qui sera finalement organisée par Madrid.  </strong></em></p>
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		<title>Quatre questions pour comprendre la crise au Venezuela</title>
		<link>https://www.latina-eco.com/quatre-questions-pour-comprendre-la-crise-au-venezuela/</link>
		<comments>https://www.latina-eco.com/quatre-questions-pour-comprendre-la-crise-au-venezuela/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 02 Feb 2019 12:51:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Anne Denis]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Venezuela]]></category>

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		<description><![CDATA[Après l&#8217;autoproclamation de Juan Guaido le 23 janvier, les pressions occidentales s&#8217;accentuent sur le régime chaviste. Mais celui-ci ne manque pas de soutiens. &#160; Article publié le 29 janvier sur Slate.fr. Pendant des années, le Venezuela s’est enfoncé dans la crise sans réellement mobiliser la communauté internationale, occupée ailleurs. Mais le dossier aiguise désormais les crispations entre les principales puissances,]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Après l&rsquo;autoproclamation de Juan Guaido le 23 janvier, les pressions occidentales s&rsquo;accentuent sur le régime chaviste. Mais celui-ci ne manque pas de soutiens.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em><strong><span style="color: #993300;">Article publié le 29 janvier sur Slate.fr</span>.</strong></em><br />
<span id="more-1812"></span></p>
<p>Pendant des années, le Venezuela s’est enfoncé dans la crise sans réellement mobiliser la communauté internationale, occupée ailleurs. Mais le dossier aiguise désormais les crispations entre les principales puissances, avec un petit parfum de guerre froide: le Conseil de sécurité des Nations unies, qui s’est réuni samedi 26 janvier sans parvenir à élaborer une déclaration commune, <a href="https://www.un.org/press/fr/2019/cs13680.doc.htm" target="_blank">a mis en évidence de profondes divisions sur cette question</a>.</p>
<h3>Quels pays soutiennent Juan Guaido?</h3>
<p>À la volonté de Washington de faire voter le soutien au jeune député Juan Guaido, <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2019/01/23/venezuela-plusieurs-morts-dans-des-emeutes-precedant-les-manifestations-pro-et-antigouvernementales_5413427_3210.html" target="_blank">qui s’est déclaré <em>«président en exercice</em>»</a> le 23 janvier dernier, Pékin et Moscou ont opposé une fin de non-recevoir et apporté leur soutien au président Nicolas Maduro, investi le 10 janvier pour un second mandat. L’ambassadeur russe a même clairement dénoncé <em>«les jeux sales des États-Unis»</em> et leur responsabilité dans cette <em>«tentative de coup d’État»</em>.</p>
<p>ertains pays européens sont eux aussi à la manœuvre, mais en ordre dispersé. La France, l’Espagne, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Belgique et le Portugal ont donné huit jours à Caracas pour organiser <em>«des élections libres»,</em> faute de quoi ils reconnaîtront la légitimité du président <em>«par intérim»</em> Juan Guaido, comme les États-Unis, le Canada et une douzaine de pays latino-américains –dont le Chili, l’Argentine, le Brésil, la Colombie et le Pérou– l’ont déjà fait, rejoints dimanche par Israël et l’Australie.</p>
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<p><a href="https://twitter.com/EmmanuelMacron" data-scribe="element:user_link"><img alt="" src="https://pbs.twimg.com/profile_images/1074960836005908480/7-1gAjdP_normal.jpg" data-scribe="element:avatar" data-src-2x="https://pbs.twimg.com/profile_images/1074960836005908480/7-1gAjdP_bigger.jpg" data-src-1x="https://pbs.twimg.com/profile_images/1074960836005908480/7-1gAjdP_normal.jpg" /></a></p>
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<p>Emmanuel Macron</p>
<div title="Compte certifié" role="img"></div>
<p>✔@EmmanuelMacron</p>
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<p dir="ltr" lang="fr">Le peuple vénézuélien doit pouvoir décider librement de son avenir. Sans élections annoncées d’ici 8 jours, nous serons prêts à reconnaître <a dir="ltr" href="https://twitter.com/jguaido" data-mentioned-user-id="39176902" data-scribe="element:mention">@jguaido</a> comme « Président en charge » du Venezuela pour enclencher un processus politique. Nous y travaillons entre partenaires européens.</p>
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<p><a title="J'aime" href="https://twitter.com/intent/like?tweet_id=1089119700250959872" data-scribe="component:actions">21,4 k</a></p>
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<div><a href="https://twitter.com/EmmanuelMacron/status/1089119700250959872" data-datetime="2019-01-26T11:15:46+0000" data-scribe="element:full_timestamp">13:15 &#8211; 26 janv. 2019</a></div>
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<div data-scribe="element:conversation_text">11,8 k personnes parlent à ce sujet</div>
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<p>L’Union européenne s’est elle bornée à l’<a href="https://www.consilium.europa.eu/fr/press/press-releases/2019/01/23/declaration-by-the-high-representative-on-behalf-of-the-european-union-on-latest-developments-in-venezuela/" target="_blank">une des déclarations floues</a> dont elle a le secret, tout en appelant à de nouvelles élections sous observation internationale.</p>
<p>Lundi 28 janvier, Washington est passée à la vitesse supérieure en annonçant de nouvelles sanctions contre la compagnie pétrolière nationale PDVSA, qui continue de vendre son brut aux États-Unis –c&rsquo;est même l&rsquo;une de ses seules sources de devises. Les revenus iront désormais sur des comptes bloqués: <em>«Nous estimons que ces sanctions entraîneront le gel de sept milliards de dollars et la perte de onze milliards en exportations au cours de l’année à venir»</em>, <a href="http://www.rfi.fr/ameriques/20190129-washington-annonce-sanctions-compagnie-petroliere-venezuelienne-pdvsa" target="_blank">a déclaré le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, John Bolton</a>. Caracas et Moscou ont <a href="https://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRL5N1ZT2LS" target="_blank">immédiatement jugé ces sanctions <em>«illégales et illégitimes»</em></a>.</p>
<p>De quoi étrangler un peu plus le pays, dont les exportations sont à 97% pétrolières et dont les réserves de change s&rsquo;effondrent. La semaine dernière, la Banque d&rsquo;Angleterre aurait déjà bloqué le retrait par Caracas d&rsquo;1,2 milliard de dollars en or, <a href="https://www.bloomberg.com/news/articles/2019-01-25/u-k-said-to-deny-maduro-s-bid-to-pull-1-2-billion-of-gold" target="_blank">selon Bloomberg</a> –des actifs gelés dont l&rsquo;opposition dirigée par Juan Guaido pourra disposer.</p>
<p>On verra dans les jours qui viennent si ces pressions occidentales portent leurs fruits. À court terme, en tout cas, elles ont plutôt semblé renforcer la détermination du gouvernement Maduro, assuré notamment des soutiens russe, turc et chinois, mais aussi, de façon plus mesurée, de celui du nouveau président mexicain de gauche, Andrés Manuel Lopez Obrador.</p>
<p>Le ministre vénézuélien des Affaires étrangères Jorge Arreaza a accusé ce week-end Washington d’être <em>«à l’avant-garde du coup d’État»</em> et <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2019/01/27/onu-la-communaute-internationale-divisee-sur-la-crise-politique-au-venezuela_5415151_3210.html" target="_blank">a balayé l’ultimatum européen</a>, ajoutant qu’«<em>Emmanuel Macron ferait mieux de s’occuper de la crise des “gilets jaunes” au lieu de s’occuper de nos affaires</em>».</p>
<h5><em><a href="http://www.slate.fr/story/172821/venezuela-crise-nicolas-maduro-juan-guaido-diplomatie-constitution-armee" target="_blank">Lire la suite sur Slate.fr</a></em></h5>
<p><a href="http://www.slate.fr/story/172821/venezuela-crise-nicolas-maduro-juan-guaido-diplomatie-constitution-armee" target="_blank"> </a></p>
<h2></h2>
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		</item>
		<item>
		<title>&#171;&#160;L&#8217;antipétisme&#160;&#187;, clé de l&#8217;élection présidentielle au Brésil</title>
		<link>https://www.latina-eco.com/lantipetisme-cle-de-lelection-presidentielle-au-bresil/</link>
		<comments>https://www.latina-eco.com/lantipetisme-cle-de-lelection-presidentielle-au-bresil/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 17 Oct 2018 17:52:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Anne Denis]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Brésil]]></category>
		<category><![CDATA[Elections]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.latina-eco.com/?p=1787</guid>
		<description><![CDATA[L’avance que conserve, à la veille du scrutin, le candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro est d’abord le signe d’un rejet viscéral du Parti des Travailleurs. &#160; Cet article a déjà été publié le 17 octobre 2018 sur le site Slate.fr. Il est franco-brésilien, chef d’entreprise et vit avec sa femme médecin et ses enfants dans un quartier résidentiel de São]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L’avance que conserve, à la veille du scrutin, le candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro est d’abord le signe d’un rejet viscéral du Parti des Travailleurs.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #993300;"><strong><strong><em>Cet article a déjà été publié le 17 octobre 2018 sur le site Slate.fr.</em></strong></strong></span></p>
<p><span id="more-1787"></span> Il est franco-brésilien, chef d’entreprise et vit avec sa femme médecin et ses enfants dans un quartier résidentiel de São Paulo. Contrairement à la plupart des familles aisées du Brésil, il n’a pas d’employée de maison, mais fait appel à une femme de ménage une à deux fois par semaine. Comme elle habite à soixante-dix kilomètres, explique-t-il, elle se lève à 4 heures du matin, prend un train puis trois bus différents pour venir travailler. Il a été surpris d’apprendre que le 28 octobre, jour du deuxième tour de la présidentielle, elle irait voter pour Jair Bolsonaro, le candidat d’extrême droite, et non pour Fernando Haddad, qui représente le Parti des travailleurs (PT), celui de Lula. <em>«Je lui ai demandé, </em>raconte-t-il<em>, si elle ne craignait pas que l’élection de Bolsonaro ne menace la démocratie au Brésil, et elle m’a répondu: “De quelle démocratie parlez-vous? Dans mon quartier, on vit déjà sous la dictature des gangs!”». </em>Chaque semaine, elle lui parle de l’agression qu’une personne de son entourage, ou elle-même, a subie, et des guerres de territoires terrifiantes que se livrent les bandes armées rivales dans la banlieue pauvre où elle et sa famille vivent. La sécurité est sa priorité absolue, et c’est la raison pour laquelle elle vote Bolsonaro –comme beaucoup de Brésiliennes et Brésiliens très modestes. Qu’importe que l’ancien militaire devenu député pendant vingt-sept ans n’affiche aucun programme crédible pour faire baisser la criminalité galopante dans le pays, se bornant à proclamer qu’<em>«<a href="https://www.parismatch.com/Actu/International/Pour-Bolsonaro-favori-de-la-presidentielle-au-Bresil-un-bon-bandit-est-un-bandit-mort-1579315" target="_blank">un bon bandit est un bandit mort</a>»</em> et à<em> </em>promettre d’autoriser le port d’armes <em>«aux gens bien». </em>Qu’importe, par ailleurs, qu’il soit perçu comme le candidat de l’agrobusiness, des riches et des élites, <a href="http://politica.estadao.com.br/noticias/eleicoes,ibope-para-eleitores-bolsonaro-e-o-candidato-que-mais-defende-interesse-de-ricos-e-jovens,70002548894" target="_blank">comme le montre un sondage Ibope du 16 octobre</a><i>.</i> À la veille du scrutin, Jair Bolsonaro, ultranationaliste, admirateur de la dictature, machiste, homophobe et apparemment incompétent sur la plupart des enjeux de cet immense pays, semble avoir conquis la majorité des 147 millions d’électeurs et électrices que compte le Brésil : malgré un léger tassement depuis une semaine , l<a href="https://g1.globo.com/politica/eleicoes/2018/noticia/2018/10/25/datafolha-para-presidente-votos-validos-bolsonaro-56-haddad-44.ghtml" target="_blank">e dernier sondage de Datafolha</a> publié jeudi le crédite encore d&rsquo;une large avance, à 56% de voix.</p>
<h3>Tardive candidature Haddad</h3>
<p>En face, Fernando Haddad a été évidemment lourdement handicapé par son propre camp et son mentor. La branche la plus radicale du PT s’est accrochée jusqu’à l’absurde à une candidature de Lula, même lorsque ce dernier, condamné à douze ans de prison pour corruption, <a href="https://abonnes.lemonde.fr/ameriques/article/2018/04/07/au-bresil-lula-annonce-accepter-d-aller-en-prison_5282289_3222.html?" target="_blank">a été emprisonné en avril</a>. Ce n’est qu’en septembre, <a href="https://abonnes.lemonde.fr/ameriques/article/2018/09/01/bresil-la-candidature-de-lula-a-la-presidentielle-est-invalidee_5348791_3222.html?" target="_blank">lorsque sa candidature a été invalidée</a>, que l&rsquo;ancien président s&rsquo;est résigné à chercher quelqu&rsquo;un pour le remplacer. Il <a href="http://www.rfi.fr/ameriques/20180928-presidentielle-bresil-ciro-gomes-le-challenger-centre-gauche" target="_blank">aurait pu adouber Ciro Gomes</a>, homme politique de centre gauche qui a été son ministre au début des années 2000 et qui se présentait sous l’étiquette du Parti démocratique travailliste, avec des perspectives pas si mauvaises. Les mauvaises langues diront que Lula s’est bien gardé d’introniser ce politicien aguerri, qui risquait de prendre trop d’ascendant au sein du PT. <em>«Il a fait passer son désir de préserver sa stature avant l’intérêt de son parti»,</em> constate le géographe Hervé Théry. Lula a donc choisi Fernando Haddad, un universitaire de 55 ans modéré, qui a été son ministre de l’Éducation et celui de Dilma Rousseff entre 2005 et 2012. Le système de bourses mis en place par Haddad pendant cette période a d’ailleurs permis d’entrouvrir les portes de l’université aux jeunes des classes moins favorisées –et notamment à des étudiantes et étudiants noirs. Élu maire de Saõ Paulo en 2013, il s&rsquo;y est montré plutôt bon gestionnaire. <img alt="" src="http://www.slate.fr/sites/default/files/000_1ab5m2.jpg" /></p>
<address><em>Fernando Haddad en meeting à Recife, le 25 octobre 2018 | Leo Caldas / AFP</em></address>
<p>En dehors de la mégapole pauliste néanmoins, le nom d’Haddad n’était guère connu dans le pays. Un vrai problème quand il ne reste que trois semaines pour faire campagne, d’autant qu’il est un piètre tribun et que ses visites répétées à Lula dans sa prison de Curitiba ont vite permis de le caricaturer en créature docile de l’ex-président. &#8230;</p>
<h4><em><strong>Pour lire la suite, aller sur <a href="http://http://www.slate.fr/story/169122/bresil-election-presidentielle-bolsonaro-parti-travailleurs-lula-antipetisme" target="_blank">Slate.fr</a></strong></em></h4>
<p><em style="font-size: 0.95em;"> </em></p>
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		<title>Le Mexique à gauche toute !</title>
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		<comments>https://www.latina-eco.com/le-mexique-a-gauche-toute/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 08 Jul 2018 15:19:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Anne Denis]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Élu avec 53% des voix, le nouveau président mexicain Andrés Manuel López Obrador rafle aussi la majorité au Parlement. Le raz-de-marée est impressionnant, mais les attentes le sont tout autant. Cet article a déjà été publié le 4 juillet 2018 sur le site Slate.fr.   À celles et ceux qui glosent depuis des mois sur le virage à droite du sous-continent]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div>
<p><strong>Élu avec 53% des voix, le nouveau président mexicain Andrés Manuel López Obrador rafle aussi la majorité au Parlement. Le raz-de-marée est impressionnant, mais les attentes le sont tout autant.</strong></p>
<p><span style="color: #993300;"><strong><strong><em>Cet article a déjà été publié le 4 juillet 2018 sur le site Slate.fr.</em></strong></strong></span></p>
<p><span id="more-1801"></span></p>
<p><span style="color: #993300;"><strong><strong><em> </em></strong></strong></span></p>
<p><span style="font-size: 0.95em;">À celles et ceux qui glosent depuis des mois </span><a style="font-size: 0.95em;" href="http://www.lefigaro.fr/international/2018/02/18/01003-20180218ARTFIG00142-amerique-latine-le-grand-virage-a-droite.php" target="_blank">sur le virage à droite du sous-continent latino-américain</a><span style="font-size: 0.95em;">, le Mexique vient d’apporter un démenti cinglant.</span></p>
</div>
<p>Le candidat de gauche, Andrès Manuel López Obrador, dit «AMLO», a été élu dimanche 1er juillet avec 53% des voix, soit plus de trente points d’avance sur son principal concurrent, le conservateur <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ricardo_Anaya_Cort%C3%A9s" target="_blank">Ricardo Anaya</a>.</p>
<div id="inreadbis">
<div id="div-gpt-ad-1520327189224-25" data-google-query-id="CP6XwI6Mxd4CFRB00wodpfsKIw">
<div id="google_ads_iframe_/21685585667/monde/pavearticles_0__container__"><span style="font-size: 0.95em;">Quant à </span><a style="font-size: 0.95em;" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jos%C3%A9_Antonio_Meade_Kuribre%C3%B1a" target="_blank">José Antonio Meade</a><span style="font-size: 0.95em;">, le candidat du parti au pouvoir, le </span><a style="font-size: 0.95em;" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_r%C3%A9volutionnaire_institutionnel" target="_blank">PRI</a><span style="font-size: 0.95em;"> (Parti révolutionnaire institutionnel), il s’en tire avec un piteux 16,4%, illustrant le rejet qu’a suscité l’actuel président </span><a style="font-size: 0.95em;" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Enrique_Pe%C3%B1a_Nieto" target="_blank">Enrique Peña Nieto</a><span style="font-size: 0.95em;">.</span></div>
</div>
</div>
<h3>Une victoire implacable</h3>
<p>Cette victoire, certes prévue par les sondages, est totale, implacable et sans précédent. D’abord parce ces élections étaient elles-mêmes sans précédent pour le pays: outre leur président, les quatre-vingt-neuf millions d’électeurs et électrices mexicaines étaient appelées à élire leurs 500 députés et députées et 128 sénateurs et sénatrices, mais aussi huit gouverneurs d’État et près de 1.000 députés et députées de vingt-sept assemblées régionales –un record.</p>
<p>Même si les résultats définitifs ne seront connus qu’en fin de semaine, la coalition d’AMLO –son parti, le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_de_r%C3%A9g%C3%A9ration_nationale" target="_blank">Mouvement de régénération nationale</a> (Morena), le Parti du travail (PT) et Rencontre sociale (PES, évangélique)– a également raflé la mise dans bon nombre de scrutins.</p>
<p>Elle devrait ainsi décrocher la majorité absolue à la Chambre basse et la majorité relative au Sénat (une surprise), ainsi que cinq des huit postes de gouverneurs en compétition, dans les États de Veracruz, Morelos, Puebla, Chiapas et Tabasco, dont le nouveau président est issu.</p>
<p>Le raz-de-marée semble aussi concerner les municipales. À Mexico, c’est une des fidèles de López Obrador –et, pour la première fois, une femme, Claudia Sheinbaum, <a href="http://www.rfi.fr/ameriques/20180702-mexique-claudia-sheinbaum-premiere-femme-diriger-mexico" target="_blank">qui gouvernera la capitale</a>, mégapole de vingt millions d’habitants et habitantes.</p>
<p><img alt="" src="http://www.slate.fr/sites/default/files/1_000_12R5A2.jpg" /></p>
<p>Claudia Sheinbaum et Andrés Manuel López Obrador à Mexico, le 18 mars 2018 | Omar Torres / AFP</p>
<p>Autre fait historique, la gauche accède à la tête du Mexique pour la première fois depuis les années trente (ère de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A1zaro_C%C3%A1rdenas" target="_blank">Lazaro Cardenas</a>), avec une légitimité incontestable. Dans un pays où l’élection présidentielle est à un tour et où, depuis 2000, les présidents successifs ont été élus avec des scores de 35% à 42% (38,2% pour Peña Nieto), les 53% recueillis par la candidature d’AMLO sont eux-mêmes remarquables.</p>
<div>
<h3><span style="font-size: 0.95em;">Un programme flou</span></h3>
<p><span style="font-size: 0.95em;">Que va faire López Obrador de ce leadership et de cette légitimité que lui confèrent son score personnel et sa majorité parlementaire? Pour le moment, tout n’est pas très clair.</span></p>
</div>
<p>Certes, il a promis «<em>de chasser les mafias au pouvoir»</em> et d’éradiquer la corruption et l’impunité, que la population mexicaine ne supporte plus et qui sont selon lui à l’origine de tous les maux du pays.</p>
<p>La corruption a profondément gangrené les partis traditionnels: le PRI, qui a dirigé le pays pendant soixante-dix ans, et le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_action_nationale" target="_blank">Parti action nationale</a>(PAN, droite) auquel il a cédé le pouvoir en 2000, avant de le retrouver en 2012. PRI et PAN sont renvoyés dos à dos par AMLO, grand gagnant d&rsquo;une immense vague de dégagisme.</p>
<p>Pourtant, à 64 ans, celui-ci apparaît plus comme un vieux briscard de la politique que comme un champion antisystème. Passé par le PRI (dont la couleur politique a varié de la gauche au centre-droit), puis par le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_de_la_r%C3%A9volution_d%C3%A9mocratique" target="_blank">Parti de la révolution démocratique</a> (PRD), parti de gauche sous les couleurs duquel il s’est présenté deux fois en vain à la présidentielle, en 2006 et en 2012, il a aussi été un maire de Mexico plutôt pragmatique au début des années 2000. <em>«Et il vient de réussir son projet de vie, celui d’être président de la République», </em>conclut un observateur<em>.</em></p>
<p><span style="font-size: 0.95em;">Pendant la campagne, il a envoyé quelques signaux contradictoires –notamment sur la réforme de l’énergie. Certaines de ses déclarations les plus récentes, annonçant qu’il allait diviser par deux le salaire des hauts fonctionnaires et qu’il n’habiterait pas au Palais présidentiel de Los Pinos, apportent de l’eau au moulin de celles et ceux qui le taxent de populiste.</span></p>
<p>(&#8230;)</p>
<h4><span style="color: #993300;">                                                 <em><strong><span style="color: #000000;">Lire la suite sur</span> <a href="http://www.slate.fr/story/164114/international-mexique-election-presidentielle-andres-manuel-lopez-obrador-amlo-basculement-gauche-defis-programme" target="_blank">Slate .fr</a></strong></em></span></h4>
<div data-twitter-event-id="0"></div>
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		<title>La droite dure uribiste prend le pouvoir en Colombie</title>
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		<pubDate>Mon, 18 Jun 2018 13:25:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Anne Denis]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[COLOMBEI]]></category>

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		<description><![CDATA[Ivan Duque , 42  ans, a été largement élu dimanche à la présidence de la Colombie avec 54% des voix, face à son rival de gauche, Gustavo Petro (un ancien guerillero devenu parlementaire et maire de Bogota de 2012 à 2015). Ivan Duque, ex sénateur, remplacera le 7 août prochain le président sortant Juan Manuel Santos. Le maintien de la]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Ivan Duque , 42  ans, a été largement élu dimanche à la présidence de la Colombie avec 54% des voix, face à son rival de gauche, Gustavo Petro (un ancien guerillero devenu parlementaire et maire de Bogota de 2012 à 2015). Ivan Duque, ex sénateur, remplacera le 7 août prochain le président sortant Juan Manuel Santos. Le maintien de la droite au pouvoir a rassuré les milieux d&rsquo;affaires mais le positionnement,  beaucoup plus dur que Santos, du nouveau président, très proche de son mentor Alvaro Uribe (président de 202 à 2010), fait peser une menace sur l&rsquo;accord de paix signé fin 2016 avec les FARC. Il a promis durant la campagne de le réviser <em>&laquo;&nbsp;sans le déchiqueter&nbsp;&raquo;</em>.</p>
<p>L&rsquo;accord a permis de désarmer 7.000 rebelles, mais a aussi offert à la guerilla des FARC de se convertir en force politique admise au Parlement. Une normalisation très mal vécue par une grande partie de la population (qui a d&rsquo;ailleurs rejeté majoritairement l&rsquo;accord par referendum ).</p>
<p><span style="font-size: 0.95em;">Beaucoup sont convaincus que l&rsquo;action de Duque sera téléguidée par Alvaro Uribe, impliqué dans des affaires de corruption et de lien avec les paramilitaires, mais toujours très influent dans le pays, et farouche opposant de l&rsquo;accord avec les FARC. Son mentor va d&rsquo;ailleurs </span><span style="font-size: 0.95em;">diriger , au Sénat, le groupe de son parti, &laquo;&nbsp;le Centre démocratique&nbsp;&raquo;.</span></p>
<p>Parmi les dossiers brûlants qui attendent le nouveau président, figure aussi la lutte contre le narcotrafic, alors que, de notoriété publique, les mafias mexicaines financent des dissidents des Farc aux frontières avec l&rsquo;Equateur et le Venezuela.. La Colombie est le premier producteur mondial de cocaïne et les plantations illicites sont en hausse. Désireux de maintenir la coopération entre Bogota et Washington, Duque souhaite notamment reprendre les aspersions aériennes d&rsquo;herbicide, méthode radicale pourtant  très controversée.</p>
<p>Il va aussi, sans doute, durcir fortement le ton face au voisin avec lequel il partage 2200 km de frontières : le Venezuela de Nicolas Maduro, qu&rsquo;il qualifie de <em>&laquo;&nbsp;</em><span style="font-size: 0.95em;"><em>dictateur génocidaire&nbsp;&raquo;</em>. Il envisage une dénonciation devant </span>la Cour pénale internationale (CPI) et une <em>&laquo;&nbsp;transition&nbsp;&raquo;</em> imposée vers la démocratie,  avec l&rsquo;aide de l&rsquo;Organisation des états américains (OEA). La Colombie n&rsquo;arrive plus à faire face au flux de migrants (plus d&rsquo;un million en 16 mois) qui fuient la débâcle économique et politique du régime chaviste.</p>
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		<title>Amérique latine : beaucoup de lois, et bien peu d’État de droit</title>
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		<pubDate>Wed, 11 Apr 2018 23:00:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Anne Denis]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Le politologue Gaspard Estrada analyse la politisation croissante de la justice dans de nombreux pays latino-américains, dans le cadre de la lutte anticorruption qui, en 4 ans, a fait déjà fait tomber de nombreux dirigeants politiques, et même des chefs d&#8217;Etat dont l&#8217;ancien président brésilien Lula, incarcéré ces jours-ci.  &#160; Par   Gaspard Estrada, Sciences Po – USPC À la suite de]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le politologue Gaspard Estrada analyse la politisation croissante de la justice dans de nombreux pays latino-américains, dans le cadre de la lutte anticorruption qui, en 4 ans, a fait déjà fait tomber de nombreux dirigeants politiques, et même des chefs d&rsquo;Etat dont l&rsquo;ancien président brésilien Lula, incarcéré ces jours-ci. </strong><span id="more-1770"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Par   <a style="font-size: 0.95em;" href="https://theconversation.com/profiles/gaspard-estrada-246776">Gaspard Estrada</a><span style="color: #111111; font-size: 0.95em;">, </span><em style="color: #111111; font-size: 0.95em;"><a href="http://theconversation.com/institutions/sciences-po-uspc-2196">Sciences Po – USPC</a></em></p>
<p>À la suite de l’irruption du <a href="http://www.france24.com/fr/20171221-odebrecht-scandale-amerique-latine-bresil-corruption-justice">scandale Odebrecht</a> au Brésil, il y a quatre ans, la lutte contre la corruption a pris une place centrale dans le débat public latino-américain. Depuis lors, de nombreux dirigeants politiques et économiques ont été poursuivis et, il y a quelques jours, le président du Pérou, <a href="http://www.rfi.fr/ameriques/20180322-une-demission-surprise-president-peruvien-pedro-pablo-kuczynski">Pedro Pablo Kuczynski</a>, a même dû démissionner de son poste.</p>
<p>Au Brésil, la Cour suprême vient de refuser l’attribution d’un <em>Habeas Corpus</em> à l’ancien Président Lula, accusé de corruption, qui lui aurait permis de rester en liberté d’ici la fin le jugement des recours déposés par ses avocats auprès du Tribunal suprême de Justice (TSJ) et ainsi de faire campagne pour la prochaine élection présidentielle.</p>
<p>Dans le contexte de l’affaiblissement des pouvoirs exécutif et législatif, qui font face à une vraie crise de crédibilité aujourd’hui, le pouvoir judiciaire occupe désormais une position centrale, devenant un véritable facteur de puissance dans certains pays.</p>
<h4>Des juges en croisade morale et politique</h4>
<p>Au Brésil, où ces poursuites ont débuté, certains membres de la justice locale, par exemple <a href="http://www.americasquarterly.org/corruption">Deltan Dallagnol ou Sergio Moro</a>, sont devenus de véritables acteurs politiques, dont le pouvoir et l’influence dépassent largement leur rôle en tant que magistrats et juges de première instance.</p>
<p>Cependant, en transformant cette action judiciaire en une croisade morale et politique, <a href="https://www.conjur.com.br/2016-mar-22/decisao-moro-grampos-lula-foi-inconstitucional-teori">y compris en utilisant des ressources illégales</a>, ils ont contribué à entamer le consensus qui aurait pu exister autour de cet agenda : selon un sondage récent, <a href="https://www.ipsos.com/sites/default/files/ct/news/documents/2018-03/barometropoliticoestadaoipsos_fevereiro2018.pdf">51 % des Brésiliens désapprouvent désormais l’action de Sergio Moro</a>. Pour beaucoup, les juges sont devenus… juges et partie.</p>
<h4>« Aux amis, la justice et la grâce ; aux ennemis, la loi »</h4>
<p>En Amérique latine, l’usage politique de la justice et la judiciarisation de la politique ne sont pas une nouveauté, contribuant à ancrer l’idée d’une forme de partialité. Dès le XIX<sup>e</sup> siècle résonnait cette sentence : <a href="https://elpais.com/internacional/2015/01/30/actualidad/1422578976_375411.html">« Aux amis, la justice et la grâce ; aux ennemis, la loi »</a>) Cette phrase, attribuée au Président mexicain <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Benito_Ju%C3%A1rez">Benito Juárez</a>, continue d’être d’actualité.</p>
<p>Au Mexique, le bureau du procureur général – vacant depuis des mois – s’est montré réfractaire à l’idée d’enquêter sur les politiciens proches du gouvernement impliqués dans des malversations liées à l’affaire Odebrecht, <a href="https://www.justice.gov/opa/press-release/file/919916/download">et révélées par le ministère de la Justice des États-Unis</a>. Cette institution semble davantage intéressée à mobiliser l’opinion publique sur les crimes présumés de l’un des candidats de l’opposition, Ricardo Anaya, en divulguant des vidéos sans preuve mais à effet médiatique et politique garanti.</p>
<p>Si, aujourd’hui, Ricardo Anaya est la cible de cet activisme judiciaire, l’un de ses principaux conseillers, Santiago Creel, a paradoxalement été l’artisan de poursuites judiciaires lancées, il y a treize ans, contre l’ancien maire de Mexico, Andres Manuel Lopez Obrador, afin de l’empêcher d’être candidat à la présidence.</p>
<p>Au Pérou, la révélation des vidéos qui ont précipité la chute de Pedro Pablo Kuczynski ne fut pas le résultat d’une enquête judiciaire indépendante, mais le fruit d’un conflit politique entre les enfants de l’ancien dictateur Alberto Fujimori, qui tentent de contrôler le Congrès, et par cette voie, de contrôler le pays, face à un exécutif fragile et inopérant.</p>
<figure><iframe src="https://www.youtube.com/embed/1PIHJadHOHw?wmode=transparent&amp;start=0" height="260" width="440" allowfullscreen="" frameborder="0"></iframe></figure>
<p>Le cas de l’Équateur est similaire : l’enquête pour corruption contre l’ancien vice-président Jorge Glas s’est subitement accélérée au fur et à mesure que la rupture politique entre le président Lenin Moreno et son prédécesseur, Rafael Correa, s’approfondissait.</p>
<h4>Lula face à la persécution judiciaire</h4>
<p>Le Brésil est sans doute le meilleur exemple de ce <a href="http://www.stf.jus.br/arquivo/cms/noticiaNoticiaStf/anexo/ms34070.pdf">« détournement de finalité »</a>, pour paraphraser Gilmar Mendes, un des magistrats les plus controversés de la Cour suprême de ce pays. Pour une grande partie de l’opinion publique, Dilma Rousseff a été destituée pour corruption. Dans les faits, elle a été accusée d’avoir effectué une manœuvre comptable permettant une réduction temporaire des déficits publics, procédure qui a été utilisée par d’autres présidents sans conséquences légales.</p>
<p>Bien que le magistrat lui-même ait conclu que Dilma Rousseff <a href="http://estaticog1.globo.com/2016/07/14/Arquivamento_Pedalada_Final.pdf">n’avait pas commis de crime</a>, on ne peut pas en dire autant de son remplaçant, Michel Temer. Ce dernier a réussi à esquiver deux demandes de destitution en achetant le soutien politique des parlementaires, sous les yeux de l’opinion publique. Celle-ci a pu <a href="https://www.youtube.com/watch?v=BP-ChmVX_Xk">entendre Temer demander à un puissant entrepreneur</a> que son ancien allié au Congrès, Eduardo Cunha, continue à recevoir un pot de vin en échange de son silence.</p>
<h4>En attendant les réformes…</h4>
<p>Cela fut également été le cas de l’ancien candidat à la présidentielle Aécio Neves, l’un des instigateurs de la destitution de la présidente au nom de <a href="http://psdb-mg.org.br/noticias/artigo-de-aecio-neves-pelo-resgate-da-etica-e-da-boa-gestao/">« l’éthique »</a>, qui a reçu par des intermédiaires deux millions de Reals en espèces du même entrepreneur. Alors que Neves a été démis de son poste de sénateur, les juges chargés de l’enquête <a href="http://www1.folha.uol.com.br/poder/2017/12/1947097-tribunal-julga-caso-de-lula-com-a-rapidez-de-acoes-mais-simples.shtml">n’ont pas montré le même empressement</a> que Sergio Moro et les juges de la Cour régionale de Porto Alegre lorsqu’ils ont jugé et condamné Lula, malgré des preuves beaucoup plus solides que dans le cas de l’ancien président.</p>
<p>« La loi est la même pour tous », s’exclament les mouvements politiques qui soutiennent Sergio Moro. Cela devrait également être le cas pour Lula, qui a fait l’objet d’une véritable persécution <a href="https://www.nytimes.com/2018/01/23/opinion/brazil-lula-democracy-corruption.html">judiciaire</a>, <a href="http://www.manchetometro.com.br/">médiatique</a> et <a href="https://www.nytimes.com/reuters/2018/03/27/world/americas/27reuters-brazil-politics-lula.html">politique</a> depuis quatre ans.</p>
<p><a href="http://lemonde.fr/ameriques/article/2017/03/26/affaire-petrobras-retour-sur-les-trois-annees-qui-ont-marque-le-bresil_5100932_3222.html">L’opération « Lava Jato »</a> et ses multiples ramifications en Amérique latine ont mis en évidence la promiscuité entre l’argent et la politique. Cependant, rien ou si peu n’a véritablement changé depuis. Il n’y a eu de reforme politique ni au Brésil, ni au Pérou, ni au Mexique, en mesure de transformer de façon structurelle le mode de financement des campagnes électorales.</p>
<figure><iframe src="https://www.youtube.com/embed/eYq1JGprVkk?wmode=transparent&amp;start=0" height="260" width="440" allowfullscreen="" frameborder="0"></iframe></figure>
<p>Pour y parvenir, il aurait fallu que les acteurs ayant un poids politique ou économique se mobilisent. Mais sachant qu’ils ont été les principaux bénéficiaires de ce système, il est difficile de penser qu’ils aient forcément envie que les choses changent. Sergio Moro a lui-même déclaré : <a href="https://oglobo.globo.com/brasil/moro-ve-fim-da-lava-jato-em-curitiba-relembre-todas-as-fases-da-operacao-21901157">« L’opération Lava Jato est peut-être en train de prendre fin »</a></p>
<p><img alt="The Conversation" src="https://counter.theconversation.com/content/94449/count.gif?distributor=republish-lightbox-basic" width="1" height="1" />Si tel était le cas, et si aucune réforme politique n’est prise, l’Amérique latine continuera d’être une région du monde dotée de nombreuses lois mais avec peu d’État de droit.</p>
<p><span><a href="https://theconversation.com/profiles/gaspard-estrada-246776">Gaspard Estrada</a>, Directeur exécutif de l’Observatoire politique de l’Amérique latine et des Caraïbes (OPALC), <em><a href="http://theconversation.com/institutions/sciences-po-uspc-2196">Sciences Po – USPC</a></em></span></p>
<p>La <a href="https://theconversation.com/amerique-latine-beaucoup-de-lois-et-bien-peu-detat-de-droit-94449">version originale</a> de cet article a été publiée sur <a href="http://theconversation.com">The Conversation</a>.</p>
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		<title>L’opérateur aéroportuaire brésilien Infraero va être privatisé</title>
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		<pubDate>Wed, 11 Apr 2018 13:19:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Anne Denis]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Entreprises]]></category>

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		<description><![CDATA[Après des mois d’atermoiements, Brasilia s’est enfin décidé :  selon le site d&#8217;information The Brazilian Report, l’opérateur aéroportuaire public Infraero sera privatisé. Le gouvernement va céder 51% du capital via un système d’enchères, démarche qui pourrait aller jusqu’à 80%. Il espère en tirer 10 à 15 milliards de reais (2,3 à 3,5 milliards d’euros). Infraero administre 54 aéroports dans tout le]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: 0.95em;">Après des mois d’atermoiements, Brasilia s’est enfin décidé :  selon le site d&rsquo;information <em>The Brazilian Report</em>, l’opérateur aéroportuaire public Infraero sera privatisé. Le gouvernement va céder 51% du capital via un système d’enchères, démarche qui pourrait aller jusqu’à 80%. Il espère en tirer 10 à 15 milliards de reais (2,3 à 3,5 milliards d’euros). Infraero administre 54 aéroports dans tout le pays, dont celui de São Paulo-Congonhas _ la pépite _  mais aussi Rio-Santos Dumont, Belém, Manaus, Curitiba, and Goiânia. La durée des concessions est de 30 ans.</span></p>
<p>Selon une source citée par <em>The Brazilian Report</em>, Infraero aurait signé un accord avec les délégués du personnel, empêchant tout licenciement jusqu’en 2020. Mais il est peu probable que le nouveau propriétaire le respecte.  En 2012, la compagnie comptait plus de 14 000 salariés. Aujourd’hui, il en compte encore près de 10.000, bien qu’il ait cédé 9 de ses aéroports à des actionnaires privés. Les contrôleurs aériens qui faisaient partie d’Infraero seront, eux, transférés une nouvelle structure publique ad hoc, baptisée Nav Brasil.</p>
<p>C’est Vinci qui a remporté en 2017 la concession de l’aéroport Deputado Luis Eduardo Magalhaes à Salvador, le dernier cédé par Infraero. Le groupe français renforce ainsi sa présence en Amérique latine , où il est déjà concessionnaire de l’aéroport international de Santiago du Chili, et de 6 aéroports en République dominicaine.</p>
<p>Le processus qui aboutit aujourd’hui au démantèlement de l&rsquo;opérateur public est le fruit d’une réflexion initiée dès 2008 par le président Lula qui prévoyait d&rsquo;alléger Infraero, malgré la résistance acharnée du Parti des Travailleurs, son propre parti, très attaché au maintien de la souveraineté nationale sur ses aéroports. Mais le sous-investissement et l&rsquo;incapacité de la compagnie à gérer la hausse du trafic aérien, les crises et les incidents permanents, ont conduit Lula  dans la perspective de la Coupe du Monde de football de 2014 puis des JO de 2016, à se résoudre à entamer le monopole pour doper la modernisation des aéroports les plus stratégiques. En 2012, la présidente Dilma Rousseff  avait lancé la cession des trois premiers aéroports : São Paulo (Guarulhos), Viracopos à Campinas (le groupe e d’ingénierie français <a href="http://www.egis.fr/action/realisations/concession-de-laeroport-international-de-viracopos-campinas-au-bresil" target="_blank">Egis fait partie du consortium</a>) et celui de Brasilia.</p>
<p>Las, après la cession de 9 de ses aéroports, Infraero a encore enregistré l’an dernier 1,8 milliard de reais de pertes, A quelques mois de l’élection présidentielle d&rsquo;octobre prochain, le gouvernement de Michel Temer sonne donc la sortie de la sphère publique de toute l&rsquo;infrastructure aéroportuaire de cet immense pays. De quoi attirer, malgré le contexte actuel brésilien très compliqué, bon nombre d&rsquo;investisseurs.</p>
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		<title>Présidentielle: le Costa Rica préfère un ex-rockeur à un prédicateur évangélique</title>
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		<pubDate>Tue, 03 Apr 2018 12:45:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Anne Denis]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Un Alvarado  triomphe d’un autre. Le candidat de centre gauche Carlos Alvarado, 38 ans, a été élu, dimanche dernier, président du Costa Rica, avec près de 61% des voix. Cet ancien journaliste et ancien rockeur a battu au second tour un autre Alvarado, Fabricio (simple homonyme), lui aussi jeune (43 ans) et ancien journaliste. Mais Fabricio Alvarado est surtout un prédicateur]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: 0.95em;">Un Alvarado  triomphe d’un autre. Le candidat de centre gauche Carlos Alvarado, 38 ans, a été élu, dimanche dernier, président du Costa Rica, avec près de 61% des voix. Cet ancien journaliste et ancien rockeur a battu au second tour un autre Alvarado, Fabricio (simple homonyme), lui aussi jeune (43 ans) et ancien journaliste. Mais Fabricio Alvarado est surtout un prédicateur évangélique qui a surgi de nulle part dans la campagne électorale et a réussi à se retrouver au second tour grâce à sa croisade contre le mariage homosexuel. Il n’était pourtant pas question de le faire voter au Costa Rica mais un simple conseil en ce sens de la Commission interaméricaine des Droits de l’Homme (CIDH) avait suffi à mettre le feu aux poudres. Cette montée surprise dans les sondages a révélé la face très conservatrice du Costa Rica, et confirmé le rejet des partis traditionnels (déjà dynamités lors de l’élection il y a 4 ans de Luis Guillermo Solis), puisque les deux Alvarado sont de complets outsiders.</span></p>
<p>Carlos Alavarado n’est cependant pas un novice en politique. Il a étudié les sciences politiques, notamment à l&rsquo;université britannique du Sussex, et était l’ancien ministre du Travail et des Affaires sociales du gouvernement sortant. Issu du même parti que Solis, il n’a cependant eu de cesse de s’en démarquer, celui-ci ayant agrégé les mécontentements en raison de scandales de conflits d’intérêts mais aussi de son incapacité à réduire le chômage (plus de 9%) et la montée, récente mais inquiétante, de la violence et du narcotrafic.</p>
<p>Le nouveau président va devoir s’atteler au redressement des finances de ce petit pays de 5 millions d’habitants, l’un des plus stables d’Amérique centrale, mais plombé par un déficit de plus de 6% du PIB et une dette de plus de 50%, qui menacent la pérennité de son système social et éducatif, et ses ambitions environnementales. Ce qui ne sera pas simple puisqu’il ne dispose pas de la majorité au Congrès. Favorable, lui, au mariage gay, et doté d’une vice-présidente afro descendante, Epsy Campbell <i>(« la première de tout le continent »</i> selon cette féministe, militante des droits des minorités ethniques et sexuelles), il va cependant devoir mettre un frein à ses positions progressistes face aux crispations de l’opinion. Preuve de sa grande flexibilité idéologique, il s’est d’ailleurs récemment déclaré contre l’avortement.</p>
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