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	<title>Latina Eco &#187; Société</title>
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	<description>L&#039;info éco d&#039;Ushuaïa à San Diego</description>
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		<title>Drôle de guerre en forêt guyanaise</title>
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		<pubDate>Mon, 04 Dec 2017 23:54:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Anne Denis]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[Le géographe François-Michel Le Tourneau a mené trois missions dans la forêt guyanaise, au côté des militaires et gendarmes qui combattent l&#8217;orpaillage illégal. Mais rien ne semble dissuader les chercheurs d&#8217;or brésiliens, ou garimpeiros, d&#8217;abandonner leur lucrative activité&#8230;                                             ]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le géographe François-Michel Le Tourneau a mené trois missions dans la forêt guyanaise, au côté des militaires et gendarmes qui combattent l&rsquo;orpaillage illégal. Mais rien ne semble dissuader les chercheurs d&rsquo;or brésiliens, ou garimpeiros, d&rsquo;abandonner leur lucrative activité&#8230;                                                                                                                                                           </strong></p>
<p><span id="more-1656"></span></p>
<p><strong style="color: #993300; font-size: 0.95em; font-style: italic;">Par François-Michel Le Tourneau </strong></p>
<p>Malgré une pression accrue des forces de l’ordre (armée et police) en 2016, l’activité d’orpaillage clandestin en Guyane ne faiblit pas. Des milliers d’interventions sont menées à bien, des chantiers démantelés, du matériel détruit, des marchandises appréhendées… Le préjudice financier subi par les orpailleurs, tous Brésiliens ou presque, est immense. Mais ceux-ci continuent d’établir leurs placers ou leurs puits au sein de la forêt guyanaise, au mépris de toutes les réglementations sur les migrations, sur le travail ou sur l’environnement. Pourquoi ? Mené depuis plus d’une année et demie et en trois missions successives, le travail réalisé en collaboration avec les forces armées en Guyane permet d’apporter quelques éléments pour éclairer la question.<br />
Le but affiché de la répression en cours est de casser la dynamique économique de l’orpaillage. En multipliant les interventions et les destructions de matériel (en particulier les quads et les moteurs, qui représentent des investissements importants), on cherche à enrayer la capacité des garimpeiros à s’installer : une fois perdu leur capital, il leur sera difficile de trouver les moyens de remettre en route leurs chantiers. Mais ce mécanisme se heurte à la capacité d’adaptation des orpailleurs et à l&rsquo;atomisation de leur univers, qui est sans doute une de leurs plus grandes forces. Car le monde de l’orpaillage n’est pas organisé comme une filière clandestine de type mafieux avec une organisation pyramidale (ce qui ne veut pas dire qu’il n’a aucun rapport avec le monde de la criminalité). Chaque chantier, chaque commerçant, chaque piroguier y est une petite entreprise indépendante, qui calcule soigneusement risques et bénéfices, connaît son seuil de rentabilité et établit ses prix (ou cesse son activité) en fonction de celui-ci. Et chaque fois qu’une action de répression entraîne la faillite de l’un de ces maillons de la chaîne, un concurrent se présente spontanément pour prendre la niche de marché laissée vacante…<br />
<strong><br />
2 à 7 fois le salaire brésilien</strong></p>
<p>De plus, certains secteurs voient leur rentabilité augmenter avec les actions en cours. A Paramaribo, le fût de 200 litres d’essence revient à 3,5 grammes d’or à l’achat. Le même fût peut se vendre 30 grammes dans une zone relativement calme et facile d’accès et jusqu’à 70 grammes dans une zone sous pression des autorités françaises. Certes il faut compter le prix du fret, mais la marge de bénéfice est fabuleuse. En quelques jours, le temps de passer le fût en question et de le vendre, on peut donc gagner entre 20 et 60 grammes d’or (en décomptant le coût du transport), soit entre 600 et 1800 euros ou entre 2 et 7 fois le salaire minimum brésilien… A ce compte-là, même si on se fait prendre sa marchandise une fois sur deux, l’affaire reste extrêmement rentable !<br />
<a href="http://www.latina-eco.com/wp-content/uploads/2017/12/PHOTO2.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-1660" alt="PHOTO2" src="http://www.latina-eco.com/wp-content/uploads/2017/12/PHOTO2-300x200.jpg" width="300" height="200" /></a><br />
<em>De l&rsquo;or aggloméré après séparation avec le mercure</em></p>
<p>Bien sûr, pour que les patrons de chantier acceptent de payer près de 10 euros de litre d’essence (dire que l’automobiliste parisien se plaint du prix du carburant…), il faut qu’ils trouvent assez d’or pour rentrer dans leurs frais. Et c’est le cas. La Guyane française compte de très nombreuses zones de dépôts alluviaux, et aussi des zones dans lesquelles des roches riches en or affleurent à proximité de la surface. Le système technique des orpailleurs est simple et efficace pour les exploiter. Il élimine aussi tous les coûts secondaires : pas de taxes sur les salaires, pas de coût de restauration de l’environnement, pas d’impôt… Il suffit donc de trouver des zones dans lesquelles le rendement est supérieur à 1 gramme d’or extrait par litre de combustible consommé, et le chantier est rentable. On peut même descendre à moins de 0,5 g par litre dans des zones plus proches des zones d’approvisionnement. L’impact environnemental est à l’avenant : de vastes trous et des amas de cailloux qui resteront stériles pendant longtemps car tout le matériel organique du sol a été liquéfié, des rivières dont la flore et la faune sont impactées sur des kilomètres par les sédiments en suspension qui rendent les eaux troubles et du mercure qui va s’accumuler dans la chaîne alimentaire et contaminer les populations locales…</p>
<p>Comme on l’a dit, les autorités françaises luttent contre le phénomène, en particulier via le dispositif Harpie mis en place par l’armée française. Mais cette lutte doit respecter des limites précises. Les garimpeiros sont un « adversaire » et non un « ennemi ». Pas question de tirer à vue, l’emploi de la force est régi par les règles en vigueur sur le territoire national en temps de paix. Il y a parfois des tensions et des échanges de coups de feu (on ne peut oublier l’épisode de Dorlin en 2012 et la mort d’autres soldats et gendarmes depuis dans des accrochages avec des orpailleurs ou des piroguiers), mais ils sont rares et plus souvent liés à des bandes armées qui rançonnent les orpailleurs qu’à ces derniers. Les garimpeiros sont le plus souvent stoïques face aux interventions de la police et de l’armée, à l’instar de viticulteurs observant la grêle dévaster leurs vignes (et, comme eux, calculant quelle part de la récolte aura finalement échappé au fléau). Du côté des autorités, la retenue prime : pas de brutalité inutile, pas d’attaque directe aux personnes. Et, paradoxalement, ce mode d’action devient un des avantages souvent soulignés par les orpailleurs eux-mêmes : « Ici la police est bien élevée, on ne nous frappe pas. Ils font leur travail, c’est normal, on ne leur en veut pas. Et nous on fait le nôtre… ».</p>
<p><a href="http://www.latina-eco.com/wp-content/uploads/2017/12/PHOTO-3.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-1661" alt="PHOTO 3" src="http://www.latina-eco.com/wp-content/uploads/2017/12/PHOTO-3-300x200.jpg" width="300" height="200" /></a></p>
<p><em>Evacuation d&rsquo;urgence d&rsquo;un orpailleur piqué par un serpent</em></p>
<p>C’est donc à un vaste jeu du chat et de la souris que jouent orpailleurs, militaires, policiers et gendarmes. Et le même hélicoptère qui permet de désactiver un chantier par surprise en descendant en corde lisse peut être utilisé pour évacuer vers l’hôpital de Cayenne des orpailleurs blessés dans des accidents de moto lorsqu’ils acheminent leur ravitaillement ou piqués par des serpents lors de leurs pérégrinations en forêt. « Au Brésil, celui-ci il serait mort car personne ne serait venu le chercher ! » nous a-t-on souvent dit en évoquant un blessé évacué quand nous étions sur le terrain…</p>
<p>C’est bien une drôle de guerre qui se joue en forêt, avec pour résultat que si les grandes concentrations d’orpailleurs sont assez rapidement dispersées, il reste un « bruit de fond » de quelques milliers de prospecteurs clandestins, avec leur support logistique, qui se réorganise en permanence face aux opérations en cours et dévaste chaque jour un peu plus les rivières de Guyane. Souvent avancée, l’option de favoriser des exploitations légales industrielles ou semi-industrielles ne réglera pas le problème : les orpailleurs s’intéressent à des dépôts qui pour beaucoup ne sont pas rentables dans un cadre d’exploitation mécanisée ; ils entourent les concessions légales et exploitent les déchets des concessions plus anciennes&#8230; Ils ne disparaîtront donc pas avec l’arrivée de grandes entreprises.</p>
<p><strong>Réprimer ou réguler ?<br />
</strong><br />
Comment sortir de ce statu quo ? Deux scénarios, totalement opposés, pourraient être envisagés. Le premier consisterait à chercher une solution avec les garimpeiros, qui permettrait d’avoir une activité d’exploitation minière artisanale dont l’impact social et environnemental serait minimisé. Pour le moment, l’activité est totalement clandestine, ce qui fait qu’elle ne peut être régulée. Le Surinam voisin dispose d’un modèle différent, dans lequel les placers sont autorisés et paient des taxes, et dans lequel des permis de travail temporaires sont délivrés aux Brésiliens qui s’engagent dans ces activités. Serait-il possible d’envisager un dispositif dans lequel les orpailleurs paieraient pour réparer les dégâts commis et abandonneraient les points les plus nocifs de leurs techniques (notamment l’usage du mercure) ? Des placers artisanaux autorisés pourraient être contrôlés et, payant leur ravitaillement à un prix décent, ils ne seraient plus obligés d’être aussi agressifs sur le plan environnemental. « Nous on ne comprend pas, telles que sont les choses l’or de Guyane n’enrichit pratiquement que le commerce de la ville de Paramaribo… » remarquent (non sans malice évidemment) les orpailleurs… Mais une solution de ce type, outre toutes les difficultés techniques de sa mise en œuvre (notamment le fait qu’une partie des zones impactées se trouvent dans les « zones cœur » du Parc Amazonien de Guyane, ce qui rend toute exploitation impossible), se heurterait à d’immenses difficultés politiques… Comment éviter un appel d’air amenant des dizaines de milliers de nouveaux orpailleurs en forêt ? Et comment rapprocher les pratiques sociales des garimpeiros de standards tolérables au vu des normes en vigueur en France ?</p>
<p><a href="http://www.latina-eco.com/wp-content/uploads/2017/12/PHTO4.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-1662" alt="PHTO4" src="http://www.latina-eco.com/wp-content/uploads/2017/12/PHTO4-300x200.jpg" width="300" height="200" /></a><br />
<em>Les placers sont creusés au beau milieu de la forêt, après déboisement de la zone</em></p>
<p>Le second scénario consiste à permettre au dispositif de répression de monter en puissance de manière à répondre de manière presque immédiate aux implantations des orpailleurs et à assurer une présence de longue durée dans les régions les plus affectées, multipliant alors les patrouilles en forêt pour empêcher l’approvisionnement et détecter les chantiers. En l’état actuel des choses, les forces armées en Guyane n’ont pas la capacité d’intervenir simultanément sur l’ensemble des régions affectées par l’orpaillage du fait des limitations en hommes et en matériel. Elles s’attaquent aux régions les plus actives, mais cela implique que durant le même temps les autres zones connaissent un répit relatif qui leur permet de se réorganiser. Contrôler de manière fiable l’intérieur du département exigerait sans doute la création d’un nouveau régiment d’infanterie spécialisé dans les opérations en forêt, d’un groupement aérien disposant d’hélicoptères pour assurer sa mobilité, et d’un escadron de gendarmerie pour fournir les officiers de police judiciaire nécessaires pour toute opération. Le coût, dans cette hypothèse, n’est plus politique, mais il est financier : sans doute plusieurs dizaines de millions d’euros par an. Mais le résultat en termes environnementaux serait probablement spectaculaire. Qui veut la fin…</p>
<p>Entre le coût politique d’une négociation à haut risque et le coût financier d’un dispositif visant une efficacité totale, le plus probable à l’heure actuelle est malheureusement le scénario « business as usual »… La drôle de guerre qui se joue dans la forêt a encore de beaux jours devant elle…</p>
<p><em><strong>Cet article a été initialement publié sur le site du Journal du CNRS </strong></em></p>
<p><em><strong>https://lejournal.cnrs.fr/nos-blogs/le-blog-des-sept-bornes/drole-de-guerre-en-foret </strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>La «perversité» de la société brésilienne vue par l&#8217;urbaniste João Sette Whitaker Ferreira</title>
		<link>https://www.latina-eco.com/la-perversite-de-la-societe-bresilienne-vue-par-lurbaniste-joao-sette-whitaker-ferreira/</link>
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		<pubDate>Tue, 09 May 2017 11:14:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Anne Denis]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[Universitaire, João Sette Whitaker Ferreira a aussi été secrétaire du logement dans l&#8217;équipe de l&#8217;ancien maire de Sao Paulo Fernando Haddad. A la lumière de cette expérience d&#8217;un an, il livre son regard, certes engagé à gauche, sur les maux de son pays. La semaine dernière, João Sette Whitaker Ferreira, urbaniste et professeur à l’Université de São Paulo, était de]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Universitaire, João Sette Whitaker Ferreira a aussi été secrétaire du logement dans l&rsquo;équipe de l&rsquo;ancien maire de Sao Paulo Fernando Haddad. A la lumière de cette expérience d&rsquo;un an, il livre son regard, certes engagé à gauche, sur les maux de son pays.</strong><span id="more-1608"></span></p>
<p>La semaine dernière, João Sette Whitaker Ferreira, urbaniste et professeur à l’Université de São Paulo, était de passage à Paris, notamment pour donner une conférence à l&rsquo;Institut des Hautes études d&rsquo;Amériques latine (IHEAL), où il a été professeur invité en 2011-2012. Auteur de nombreux travaux sur les inégalités dans les villes brésiliennes, il a également été Secrétaire municipal du Logement à la mairie de São Paulo pendant la dernière année du mandat de Fernando Haddad (Parti des Travailleurs). Soit jusqu&rsquo;à fin décembre 2016, date à laquelle l&rsquo;équipe Haddad a dû laisser la place à celle du nouveau maire João Doria, riche homme d&rsquo;affaires (PSDB) élu dès le premier tour, dans la foulée de la débandade du PT aux municipales.<br />
C&rsquo;est de cette expérience politique courte mais intense que João Sette Whitaker Ferreira est venu parler, dans un français parfait, à l&rsquo;IHEAL. Et en livrer, avec virulence, des enseignements sur les nombreux dysfonctionnements qui plombent la société brésilienne.<br />
Certes, son point de vue est partisan. Il est membre du PT, parti de gauche resté 13 ans au pouvoir, le parti de Lula et de Dilma Rousseff (destituée en août 2016) largement éclaboussé par le scandale de corruption Petrobras. Il ne cache donc pas être de parti pris. Si Lula échappe à la justice et revient au pouvoir en 2018 (ce qui reste plausible), il en sera. Néanmoins, son témoignage en dit long sur un système «patrimonial» englobant institutions et milieux d&rsquo;affaires, et dont le Brésil ne parvient pas à se défaire. Verbatim.<br />
<strong><br />
Une mégapole moderne dont un tiers de la population vit dans la précarité </strong></p>
<p>São Paulo compte 12 millions d&rsquo;habitants, 22 si on compte toute l&rsquo;agglomération. C&rsquo;est l&rsquo;équivalent d&rsquo;un petit pays avec un budget équivalent à celui du Chili.<br />
<em>«Je suis arrivé à la mairie deux ans après la réélection de Dilma Rousseff [à mi-parcours du mandat de Fernando Haddad], on était déjà en pleine polémique. Le maire avait été contraint de nommer à ce poste un membre d&rsquo;un parti d&rsquo;opposition, proche en outre de <a href="http://america-latina.blog.lemonde.fr/2012/06/21/lula-sallie-au-symbole-de-la-corruption-au-bresil/ " target="_blank">Paulo Maluf, symbole absolu de la corruption au Brésil</a> . Il a fini par le virer et m&rsquo;a demandé de le remplacer.<br />
« São Paulo est une ville développée, avec des quartiers d&rsquo;affaires ultramodernes et des quartiers résidentiels très chics, mais ce n&rsquo;est pas ce dont s&rsquo;occupe un secrétariat au logement. Nous étions chargés des 3,5 à 4 millions de personnes (soit près du tiers de la population de la ville) vivant dans la précarité et l&rsquo;informalité, dans des zones accrochées à flanc de collines et très excentrées, parfois à 40 km du centre ville. Quelque 350.000 familles vivent dans la précarité absolue, dont 100.000 dans des zones dangereuses (insalubrité, risques d&rsquo;éboulement).</em><br />
<em>« La ville a besoin d&rsquo;un million de logements supplémentaires. Ce diagnostic est connu depuis longtemps mais aucune politique d&rsquo;envergure n&rsquo;a été entreprise pour y mettre fin, tant la tâche est immense, des travaux d&rsquo;assainissement aux régularisations foncières conflictuelles en passant par la construction de nouvelles infrastructures de transport etc. Tout le monde sait que l&rsquo;objectif est inatteignable sans y consacrer d&rsquo;énormes moyens mais on se raccroche aux projets en cours, dans le cadre d&rsquo;une démarche purement électoraliste .<br />
« Je devais recevoir des députés qui venaient flanqués d&rsquo;amis et d&rsquo;obligés avec des requêtes parfois inacceptables. Les mouvements citoyens qui s&rsquo;organisent dans ces quartiers venaient eux aussi me demander des passe droits. On est dans une logique de favoritisme et de clientélisme, source de nombreuses tensions. Idem avec les promoteurs immobiliers, qui pratiquent un lobbying permanent, ou avec les églises évangéliques. Les pouvoirs parallèles sont nombreux: il faut aussi résister aux trafiquants qui veulent préempter des logements. Résultat, 60% de mon temps était consacré aux urgences et à ces multiples sollicitations.</em><br />
<strong><br />
«Sécher la glace»<br />
</strong><br />
Dans ces conditions, dit-il, difficile de construire une politique de long terme, même s&rsquo;il estime avoir pu faire beaucoup de choses.<br />
<em>« On a commencé par le plus simple, l&rsquo;éclairage, en nous concentrant sur les quartiers périphériques les plus pauvres: on a remplacé les lampes par des leds (divisant par deux la facture énergétique) : l&rsquo;effet a été immédiat sur la sécurité _ notamment celle des femmes qui partent travailler à 4h du mat et reviennent tard à la nuit _ en réduisant fortement le nombre d&rsquo;agressions.<br />
On a aussi construit 400 km de couloirs de bus : nous avons été très attaqués par l&rsquo;opposition car cela revenait à soustraire une voie aux axes urbains dans un pays où la voiture est reine. Nous avons aussi été très critiqués pour la création de piste cyclables, qualifiées de gadget pour hipsters [la couleur rouge des pistes cyclables a même été dénoncée comme une propagande de la gauche PT].<br />
« Nous avons mis en place un schéma directeur, un plan municipal de logements, notamment pour densifier l&rsquo;habitat, par exemple en n&rsquo;autorisant qu&rsquo;un garage par appartement de 100 m2, alors qu&rsquo;en général on en compte 6, 7, voire 12 par logement !<br />
« Nous avons consacré 250 millions d&rsquo;euros aux expropriations de terres pour construire du logement social, envoyé des notifications à 2.000 propriétaires d&rsquo;immeubles vides, qui sont légion à Sao Paulo. Nous avons créé un fonds d&rsquo;urbanisation, une sorte de Cour des comptes indépendante pour lutter contre la corruption qui nous a permis de récupérer des milliards de reais.<br />
« Pourtant , nous avions toujours le sentiment de «sécher la glace» comme on dit au Brésil. On a créé 47 000 logements de plus mais il en faudrait 1 million. D&rsquo;autre part, l&rsquo;informalité resurgit très vite autour des quartiers neufs, d&rsquo;autant que les infrastructures culturelles, de loisirs ou de soins qu&rsquo;on y ajoute créent des pôles d&rsquo;attraction.<br />
« Les temporalités électorales, de 4 ans, ne sont pas celles de l&rsquo;urbanisme, qui sont de 10 à 12 ans, soit trop pour qu&rsquo;un élu puisse espérer un retour sur investissement pendant son mandat. Donc, généralement , tout repart à zéro tous les 4 ans. En ce qui nous concerne, nous avons, j&rsquo;espère, réussi à verrouiller un peu nos réalisations, grâce à une démarche largement participative avec quelque 15 000 personnes consultées. Mais nous aurions pu faire beaucoup plus si nous étions restés plus longtemps aux commandes.</em></p>
<p><strong style="font-size: 0.95em;">Un système patrimonial</strong></p>
<p>Selon lui,<em> « cette incapacité à mener à bien des politiques publiques efficaces s&rsquo;explique par la nature même de la société brésilienne. L&rsquo;historien Sérgio Buarque de Holanda (père du chanteur Chico Buarque), qui a connu Max Weber <em>et a été influencé par lui</em>, a mis en lumière, avec d&rsquo;autres, ce qu&rsquo;on appelle «la société patrimoniale» brésilienne. Y règnent la confusion entre sphère publique et sphère privée, entre légal et illégal. Y prospère aussi la notion de «cordialité», c&rsquo;est à dire le traitement des dossiers dans une logique paternaliste, destinée à «s&rsquo;arranger», à éviter le conflit, «comme à la maison».</em><br />
<em> «Le secteur dominant garde ainsi le contrôle de la terre, du travail (60% de la main-d&rsquo;oeuvre est informelle au Brésil), du capital, du gouvernement, du secteur judiciaire et des grands médias (détenus par 5 grandes familles). Ce qui permet une instrumentalisation et une manipulation totales des institutions.</em><br />
<em> «C&rsquo;est un peu l&rsquo;héritage du passé esclavagiste et colonial du pays. Rien à voir avec l&rsquo;Amérique du Nord, où a prévalu dès le début un objectif d&rsquo;occupation et de fixation des migrants. Au Brésil, les colons ont toujours été dans une logique patrimoniale d&rsquo;exploitation des richesses par un petit groupe de personnes qui se sont enrichies en faisant venir des esclaves, sans jamais se préoccuper de construire un Etat. On a plutôt affaire à un anti-Etat, et à une société qui reproduit encore aujourd&rsquo;hui cette démarche de préservation des privilèges. Au Brésil, il n&rsquo;y a pas de réelles politiques publiques. C&rsquo;est ce qui est, je pense, le plus difficile à comprendre pour des Européens.</em><br />
<strong><br />
«Les lois sont très nombreuses mais elles ne sont pas appliquées»</strong></p>
<p>Les illustrations de cette mentalité sont légion, explique-t-il<em>. &nbsp;&raquo; Par exemple, plus d&rsquo;un milliard de reais ont été budgétés pour la mobilité urbaine pauliste. Avec cette somme, on pourrait faire 10 km de métro en plus, ce qui serait souhaitable dans une ville immense qui n&rsquo;en compte que 52 km. Non : on décide d&rsquo;ajouter deux voies de plus à la principale autoroute urbaine, alors que 30% seulement de la population circule en voiture.</em><br />
<em> « Autres exemples du flou entre la légalité et l&rsquo;illégalité : laisser un immeuble vide est illégal mais si un collectif l&rsquo;occupe, on ne fait rien. Les constructions sur la plage sont interdites, mais on trouve de magnifiques «resorts» sur des km de plages qui ont toutes les apparences de la légalité. Pour les règles di&rsquo;urbanisme, c&rsquo;est pareil. Les chambre de bonnes sans fenêtre et de moins de 9 m2 sont interdites? On déclare qu&rsquo;il s&rsquo;agit de pièces pour stocker les réserves alimentaires (même s&rsquo;il y a un lit dedans). Personne n&rsquo;est dupe mais on ferme les yeux. Les lois sont très nombreuses au Brésil mais elles ne sont pas appliquées. C&rsquo;est là que réside toute la perversité de toute la société.</em></p>
<p><em>«C&rsquo;est le même principe en politique : jusqu&rsquo;en 2014, il était légal de reporter une partie du budget fiscal sur l&rsquo;année suivante pour les projets sociaux. Puis, en 2014, la Chambre des députés vote l&rsquo;illégalité de ce mécanisme et met en cause la présidente Dilma Rousseff, qui l&rsquo;a fait. On pouvait donc s&rsquo;attendre à la voir accusée d&rsquo; infraction fiscale, comme 19 des 26 Etats brésiliens. Eh bien non, il a été décrété qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;un crime de responsabilité qui, dans la Constitution, peut justifier la destitution. Depuis, la Chambre a re-légalisé ces «rétropédalages», permettant au nouveau gouvernement Temer de reporter sur 2017 1,5 milliards de reais de dépenses de 2016.</em></p>
<p><strong>Les inégalités repartent à la hausse</strong><br />
<em><br />
«Avec cette collusion entre justice, medias et gouvernement, tout devient flou, difficile, bureaucratique, sans parler de la corruption endémique. Cela donne une société où la concentration des richesses est extrême (les 40% les plus riches ont 90% des richesses), où le coefficient de Gini a rechuté.<br />
« L&rsquo;urbanisme reflète cette situation, et permet à beaucoup de Brésiliens des quartiers « nobles » de l&rsquo;ignorer: en Europe, l&rsquo;habitat dans les centre villes est dense, et le réseau d&rsquo;infrastructure aussi . A Sao Paulo non. Les infrastructures se concentrent là où se trouvent les plus riches (moins de 10% de pauvres, moins de 10% de noirs), dans des zones de villas de plus de 250 mètres carrés. Les infrastructures de transport sont généralement routières.<br />
«La plupart des villes moyennes et grandes du pays reproduisent ce modèle. Transports publics et traitement des déchets sont souvent contrôlés par les mafias, la priorité absolue est accordée à la voiture, l&rsquo;environnement est ignoré, les pauvres sont repoussés le plus loin possible en périphérie, les condominiums privés et fortifiés pour riches se multiplient.</em></p>
<p>Malgré ce constat plombant, tout n&rsquo;est pas figé et il n&rsquo;exclut pas l&rsquo;hypothèse de prochaines transformations profondes :<em> «le changement peut venir de la relève générationnelle, des jeunes de 25-30 ans qui sont nés et ont été scolarisés avec la Constitution de 1988, habitués aux libertés et familiers des technologies de l&rsquo;information». </em></p>
<div id="attachment_1615" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://www.latina-eco.com/wp-content/uploads/2017/05/IMG_3270.jpg"><img class="size-medium wp-image-1615" alt="João Sette Whitaker Ferreira à l'IHEAL le 2 mai 2017 " src="http://www.latina-eco.com/wp-content/uploads/2017/05/IMG_3270-300x225.jpg" width="300" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">João Sette Whitaker Ferreira à l&rsquo;IHEAL le 2 mai 2017</p></div>
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		<title>Violence carcérale : Temer veut construire une prison par Etat</title>
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		<pubDate>Wed, 25 Jan 2017 15:18:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Anne Denis]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[Une trentaine de détenus ont été massacrés le 6 janvier dernier dans une prison de l’Etat de Roraima, dans le nord du Brésil. L&#8217;attaque a été menée de façon éclair par un groupe de détenus, essentiellement à l&#8217;arme blanche, selon le gouvernement de l&#8217;Etat. Cinq jours plus tôt, dans une prison de Manaus en Amazonie, une mutinerie d&#8217;une violence extrême]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #16212c;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: large;">Une trentaine de détenus ont été massacrés le 6 janvier dernier dans une prison de l’Etat de Roraima, dans le nord du Brésil. L&rsquo;attaque a été menée de façon éclair par un groupe de détenus, essentiellement à l&rsquo;arme blanche, selon le gouvernement de l&rsquo;Etat. Cinq jours plus tôt, dans une prison de Manaus en Amazonie, une mutinerie d&rsquo;une violence extrême avait entraîné la mort de 56 prisonniers. En</span></span></span><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: large;"> octobre dernier, ce sont dix détenus qui avaient été assassinés dans la même prison de Roraima, dans le cadre d&rsquo;un affrontement entre gangs rivaux. Ces massacres illustrent en effet la guerre que se livrent derrière les barreaux différents cartels du crime organisé, en l&rsquo;occurrence le Comando vermelho (CV, de Rio de Janeiro), allié de la FDN (Familia do Norte) qui serait l&rsquo;auteur du massacre de Manaus, dont les victimes seraient, elles, membre du PCC de Sao Paulo, rival du CV. </span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: large;">Depuis, d&rsquo;autres actes de violence ont été commis dans plusieurs autres prisons du pays.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: large;">La plus grande violence est omniprésente dans les prisons brésiliennes. La population y est la quatrième du monde avec 622 000 détenus officiellement recensés, derrière les Etats-Unis, la Chine et la Russie. L&rsquo;un des maux endémiques est la surpopulation carcérale (167% de taux d’occupation), encore aggravé par la crise économique sévère que traverse le pays. Brasilia a pourtant annoncé, dans la foulée du massacre de Manaus, un nouveau plan national de sécurité, auquel est alloué un budget de 800 millions de réais (environ 250 millions d’euros). Le gouvernement de Michel Temer prévoit notamment la construction dans chacun des vingt-sept Etats brésiliens, d’au moins une prison, où les coupables de délits mineurs seront </span></span><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: large;">séparés des grands criminels. Il veut aussi construire 5 nouvelles prisons fédérales pour y transférer les</span></span><em style="font-size: 0.95em;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: large;">«leaders hautement dangereux» </span></span></em><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: large;">et équiper 30% des établissements </span></span><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: large;">de systèmes de brouillages de portables, pour qu</span></span><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: large;">e les caïds des cartels de la drogue ne puissent plus piloter leur trafic depuis leur cellule. Ces projets iront-ils à leur terme ? Pas sûr. </span></span></p>
<p><span style="font-size: large; font-family: Arial, sans-serif;">Le ministre de la Justice Alexandre de Moraes a d&rsquo;ailleurs reconnu que ce plan à lui seul ne suffirait pas à régler la crise du système pénitentiaire.</span></p>
<p><span style="color: #16212c;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: large;">Le chercheur au CNRS <strong>François-Xavier Le Tourneau</strong> , très bon connaisseur du Brésil, voit deux causes principales à la persistance d&rsquo;une situation aussi grave : </span></span></span><span style="color: #16212c;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: large;"><i>« la déréliction du système carcéral brésilien » </i></span></span></span><span style="color: #16212c;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: large;">et </span></span></span><span style="color: #16212c;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: large;"><i>« la guerre civile sou</i></span></span></span><span style="color: #16212c;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: large;"><i>terraine que se livrent depuis 30 ans les organisations du crime organisé »</i></span></span></span><span style="color: #16212c;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: large;"> . Au-delà, il estime que </span></span></span><span style="color: #16212c;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: large;"><i>« </i></span></span></span><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: large;"><i>les révoltes et leur cortège de violences abjectes amènent à se poser des questions sur la relation du Brésil avec sa violence».</i></span></span></span></p>
<p><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: large;">Son analyse dans le Huffington Post est à lire <strong><a href="http://www.huffingtonpost.fr/francoismichel-le-tourneau/ce-que-la-revolte-des-prisons-nous-dit-du-bresil/" target="_blank">ICI </a></strong></span></span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Cohn-Bendit à la recherche de son rêve socratique</title>
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		<pubDate>Tue, 10 Mar 2015 09:37:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Anne Denis]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[Pendant la Coupe du Monde 2014, l’ex-député européen a sillonné le Brésil dans un camping-car, pour déceler ce qui restait de la «démocratie corinthiane», incarnée dans les années 80 par le footballeur Socrates. Diffusé ce soir sur Arte à 20h 50, son documentaire offre une vision décalée, désabusée et subtile du Brésil d’aujourd’hui. Une nuit de juin 2014, le long]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Pendant la Coupe du Monde 2014, l’ex-député européen a sillonné le Brésil dans un camping-car, pour déceler ce qui restait de la «démocratie corinthiane», incarnée dans les années 80 par le footballeur Socrates. Diffusé ce soir sur Arte à 20h 50, son documentaire offre une vision décalée, désabusée et subtile du Brésil d’aujourd’hui.</strong><span id="more-872"></span></p>
<p>Une nuit de juin 2014, le long de la grande avenue de Rio qui borde la plage de Copacabana, ou d’Ipanema. La caméra est plantée sur le trottoir, les voitures défilent, jusqu’à ce qu’un camping-car s’approche et s’arrête. Daniel Cohn-Bendit en descend et marche jusqu’à la plage d’un pas moyennement assuré, tandis que sa voix off évoque sa nostalgie de son premier voyage en 1983 dans le Brésil de la dictature. Voyage durant lequel il assista au match de foot mythique des Corinthians de São Paulo, dont les joueurs avaient déployé une immense banderole avec l’inscription « Gagner ou perdre mais toujours en démocratie». Il rencontra dans la foulée le capitaine du club, Socrates, symbole de ce lien alors très fort entre football et politique et inspirateur de l’expérience unique d’autogestion que fut la démocratie corinthiane. <em>&laquo;&nbsp;Vous rêviez de révolution, nous l&rsquo;avons faite&nbsp;&raquo;</em>, lança celui-ci à l&rsquo;icône de mai 68.</p>
<p>Depuis, ils sont restés amis. <em>« Il y a trois ans, nous avons eu l’idée, ensemble, de revisiter pendant la Coupe du Monde ce qui reste une exception brésilienne, quand le football n’est pas seulement un spectacle »</em>, raconte Cohn-Bendit. Mais Socrates est mort en décembre 2011 et l&rsquo;ancien député Vert européen a pris la route sans lui, dans un camping-car brinquebalant datant, assure-t-il, de 1968.<br />
C’est ainsi que débute le documentaire <em><strong>«Sur la route avec Socrates »</strong></em>, diffusé ce mardi 10 mars sur Arte à 20 h50 (1), et qui sera présenté début avril au Brésil, au festival du documentaire, hors compétition. L&rsquo;objectif de ce journal de bord d’un road movie de 7000 km a été de traquer, durant la Copa, ce qu’il restait de l’idéal des Corinthians, dans un Brésil démocratisé mais toujours très inégalitaire, et sur fond de football mondialisé. En juin 2013, la population brésilienne était descendue massivement dans la rue pour s’indigner des préparatifs fastueux de la Coupe du Monde, brocarder les diktats de la FIFA et, surtout réclamer de meilleurs systèmes de transports, d’éducation et de santé. Un an plus tard, l’élan est retombé, les protestataires sont plus rares. <em>&laquo;&nbsp;Quand le ballon roule, c&rsquo;est lui qui gouverne&nbsp;&raquo;</em>, dit le chanteur Gilberto Gil, ex ministre de la culture. Mais chez les moins privilégiés que lui, l&rsquo;amertume reste palpable et le documentaire parvient parfois à la capter.</p>
<p>Au fil de rencontres avec Wladimir, ancien joueur et ami de Socrates ; Raï, petit frère de Socrates, star du PSG dans les années 90 et aujourd’hui à la tête d’une fondation d&rsquo;aide aux enfants d&rsquo;une favela ; Gilberto Gil ; Alfredo Sirkis, ex révolutionnaire guerillero converti à la realpolitik ; un «chamane-entraîneur de foot&nbsp;&raquo; d’une favela ; un prêtre candomblé un peu devin …  le film dresse peu à peu un tableau assez fin de ce Brésil complexe, décevant et fascinant à la fois. Au gré des matches qu’il regarde avec ses compagnons d&rsquo;un jour, hurlant et vibrant de concert et s’inquiétant de plus en plus pour la Seleção jusqu’au tragique 7-1, Cohn-Bendit multiplie les points de vue: il rend visite à des représentants du mouvement des Sans Terre ou part à la rencontre, dans sa tribu, du jeune Indien Guarani qui, lors de la cérémonie d’ouverture, a brandi furtivement (après avoir lâché sa colombe) une banderole où était inscrite «Demarcação», mot symbolisant les revendications territoriales de son peuple ; ce geste est censuré par la télévision brésilienne. <em>&laquo;&nbsp;Nous sommes les seuls à avoir cherché à le retrouver&nbsp;&raquo;</em>, constate fièrement Cohn-Bendit, non sans méditer sur l&rsquo;incapacité du Parti des Travailleurs au pouvoir (d&rsquo;essence marxiste), à prendre à bras le corps la question des droits des Indiens. A la faveur de la rencontre, sur une plage, avec deux jeunes championnes de footvolley (sport hybride brésilien) et de football, il s&rsquo;étonne qu&rsquo;au pays du ballon rond, le machisme ambiant empêche l&rsquo;essor du foot féminin ou au moins la création d&rsquo;un championnat professionnel,  malgré un vaste réservoir de joueuses et l&rsquo;exemple de la célèbre &laquo;&nbsp;Marta&nbsp;&raquo;, considérée comme la plus grande joueuse de tous les temps.</p>
<p>De ce périple, Cohn-Bendit revient sans grandes illusions. Du &laquo;&nbsp;beau jeu&nbsp;&raquo; brésilien, il ne reste plus grand chose. <em>&laquo;&nbsp;Si, </em>se reprend-il<em>, vous le voyez encore en regardant jouer les mômes sur la plage&nbsp;&raquo;.</em> Le football ne se mêle plus de politique, à l&rsquo;exception peut-être de l&rsquo;ancien joueur Romario, devenu député engagé contre la corruption. Rencontré pendant les repérages, ce dernier avait d&rsquo;ailleurs accepté de participer au documentaire mais il s&rsquo;est finalement dérobé. Quant au pays lui-même, il a progressé, est devenu plus démocratique, mais les inégalités et la corruption restent agressivement présentes; aux espoirs immenses suscités par l&rsquo;avènement du PT au pouvoir il y a 12 ans a succédé une désillusion d&rsquo;ampleur comparable. L&rsquo;exaspération envers le gouvernement de Dilma Rousseff ne cesse de croitre, sans se cristalliser vraiment.</p>
<p>Histoire de rester, malgré tout, optimiste, Dany le Rouge devenu Daniel le philosophe estime que le monde marchand ne laisse plus de place à la grande utopie mais que celle-ci <em>«se morcelle en milliers de petites utopies&nbsp;&raquo;</em>. Finis les personnages mythiques comme Socrates, <em>&laquo;&nbsp;les petites révoltes durables sont l&rsquo;oeuvre de héros du quotidien</em>&laquo;&nbsp;, conclut-il.</p>
<p><em>(1) réalisé par Niko Apel et Ludi Boeken (France, 2015, 90 min)</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="width: 100%; float: left; color: #fff; background-color: #e84747; font-family: Arial; height: 25px;">A lire également</span></p>
<div style="margin: 10px 20px 10px 0; width: 50%; float: left; clear: both; border: 1px solid #eee; background: #F5F5F5;"><span style="width: 100; float: left; font-weight: bold; padding: 5px 10px; clear: both;"><br />
<a href="http://www.slate.fr/story/88419/socrates-bresil-football-bilan-mythe"> Ce qu&rsquo;il reste de l&rsquo;expérience Socrates? Rien, à part le mythe</a><br />
</span><!-- fin du code a dupliquer--></div>
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